Apprendre à tourner des poteries J4

Confrontation entre le travail des élèves et celui du maître à chaque étape de la réalisation d’un cylindre en céramique

Au 4ème jour du stage, on est censés connaître les gestes élémentaires pour savoir monter un cylindre

Si nécessaire, vois les jours précédents: J1, J2 ou J3

Nous prenons tous 500g de terre.

Comme référence, le maître fait une démo à chaque étape

On va le faire à tour de rôle en essayant d’approcher la référence:

Etape 1: centrer la terre

Référent: le maître

Ci-dessous de gauche à droite:

Sandra, Daniel, Christian

Jusque là tout va bien

Etape 2  Creuser le centre, aplanir le fond et  rassembler la terre

Référent

Sandra, Christian, Daniel,

 

Aucun n’est conforme à la référence

Etape 4  Monter le cylindre en une seule pince

Référent

Sandra, Daniel, Christian

Y’a pas photo! on est loin de la référence!

Etape 5 Monter la vague pas plus de 3 fois

Référent

Sandra, Daniel, Christian

 

 

On y est arrivés mais c’est pas gagné.

Autopsie des cylindres

Référent

Sandra, Daniel, Christian

 

Pas de triche, vérifie le fond qui doit être mince, bien plat, à l’équerre avec la paroi (ou quasiment) . Assure toi que la paroi est bien régulière et rectiligne. La paroi va en s’amincissant un peu de la base vers le haut, c’est normal.

Ce qu’il faut retenir (« Take-home messages »):

1/ Le centrage doit être parfait, ta motte ne doit pas osciller

2/ Après centrage, tu obtiens un champignon au pied court, bien régulier, pas trop large

3/ Creuse le centre: le fond est bien plat et mince, fais bien la gorge intérieure à la base, rassemble bien ta terre en tronc de cône.

3/ La pince s’obtient en une seule fois et doit monter à environ 10cm. La paroi est régulière, le bord est régulier, la base est propre

4/ La vague se fait en 2 à 3 fois maximum. Fais un tronc de cône, le haut a un  diamètre un peu plus petit que la base. La paroi  est régulière, pas trop épaisse. Ne mouille pas trop la terre sinon tu ne pourras plus travailler les formes par la suite.

Et enfin, enchaîne les cylindres jusqu’à épuisement… de ta terre… ou de tes forces

 

 

Apprendre à tourner des poteries J2

Ce matin, on tourne des cylindres.

Retourne à J1 si nécessaire

On prend  900g de terre et on monte un cylindre.
Ce cylindre doit faire 18cm de hauteur et 8cm de largeur en haut, plus étroit en haut qu’à la base. Le but est de bien monter la terre depuis le bas, avoir un fond de 5mm, une paroi régulière jusqu’en haut et un bord supérieur bien régulier.

Le message de CC: « tant que vous ne monterez pas un cylindre, inutile d’aller plus loin ». Le cylindre est la forme de base dont sont issus tous les pots.

D’un cylindre bien tourné on peut faire une bouteille,

un pichet, une potiche, un vase-boule…

 

Il nous faut toute la matinée pour y arriver, c’est pas facile.

Il est par contre facile de le transformer en pichet

Sandra et Christian D. très concentrés.

Passer du cylindre à la bouteille

Passer l’estèque à l’extérieur pour sécher les 2/3 inférieurs du cylindre.
Puis pincer le tiers supérieur avec les pinces pouce-index des deux mains en allant du bas vers le haut

Mettre le majeur gauche dedans et étirer vers le haut avec les deux majeurs.

Pincer à nouveau le col jusqu’au goulot

Comment faire un grand plat?

Un rondeau en contre-plaqué de 2cm d’épaisseur et 50cm de large, renforcé au dessous par un carré en bois vissé. CC place dessus une motte de 6Kg de grès GSA (grès de St Amand) chamotté avec chamotte fine de 0,05. Observe le centrage. Il faut une petite dépression sous le centre de la motte pour créer un effet ventouse. Il tape la motte pour la centrer au mieux avant de lancer la girelle. Regarde bien comme il se sert de ses mains et de ses avant-bras.

Il plante la pique pour mesurer le fond qui fait 1cm d’épaisseur.

Il étale l’argile et crée le fond. Mains à plat pour le fond, mains repliées pour le bord, petite éponge dans la main droite, puis estèque pour le fond. L’estèque tire la terre en dehors puis la ramène vers le centre à 2 reprises.

Le bord apparaît

Il élève la bordure en la dirigeant en-dedans puis ajuste le bord

Il termine par le marli, c’est-à-dire la couronne qui ceinture le plat. L’estèque dans la main droite vient se placer en dedans et étire le marli en dehors. La main gauche à l’extérieur s’appuie sur la base du plat. Un coup d’estèque à nouveau sur le fond pour tirer la terre en dehors et la ramener en dedans. Cela renforce la cohésion du fond et évitera les fissures. Il termine par les finitions des jonctions entre le fond et le marli et enfin le bord supérieur.

Crois-moi,  le tournage c’est fatigant mais tellement beau.

 

 

 

Apprendre à tourner des poteries J1

Pourquoi me suis-je inscrits en stage de tournage?

Simplement parce que je ne tourne pas bien. Je souhaite m’améliorer

Si tu apprends seul, en regardant des vidéos, ou en observant des potiers qui ne t’expliquent rien, tu acquiers de mauvais gestes. Plus tard, il te sera difficile de t’en débarrasser.

Lieu du stage : Mostuejouls 12720

A l’entrée des Gorges-du-Tarn, près de Millau, site pittoresque

Maître de stage: Christian CHARRE

Potier exerçant le métier depuis 30 ans, formé au CNIFOP, très pédagogue

L’atelier

La salle de tournage : 4 tours et une boudineuse desaéreuse.
La salle d’émaillage

Ci-dessous le four à gaz de 600L en fibres. Le haut du four se lève entièrement grâce à un levier relié à un câble. Le four ainsi relevé, la sole devient accessible et peut être chargée sur les 4 côtés. De ce fait, nul besoin de porte.

Les participants

Sandra, Christian D. et Daniel

J1

Après un petit café on s’installe chacun devant un tour et CC (le maître) nous invite à lui présenter ce qu’on sait déjà faire.  Je m’exécute, je prends une motte de 600g, la place sur la girelle, monte et descend la terre et tourne un gobelet.

CC m’observe dubitatif et me dit que beaucoup de travail m’attend. Je dois perdre les gestes imprécis et acquérir une vraie méthode de travail. Il va me montrer des gestes reproductibles pour chaque étape du tournage.

Tu dois être correctement installé, le siège à bonne hauteur, décontracté et aussi très concentré.

Pétrissage: « la tête-de-bélier »

Avant de prendre une motte, il te faut malaxer la terre en « tête-de-bélier », pour la rendre plus plastique et plus facile à travailler. Prends la motte entre les deux mains. Pousse-la en avant sur la plaque de plâtre ou de contre-plaqué en la faisant rouler tout en l’écrasant avec tes paumes. Recommence plusieurs fois puis forme une boule entre tes mains.

Centrage

Fais tourner ton tour lentement et projette ta boule au centre. Si elle est excentrée, arrête le tour, fais la glisser au centre et tape dessus un grand coup avec le plat de la main. Accélère la rotation de la girelle qui doit tourner très vite. Procède alors à la montée et à la descente de ta motte.

Motte projetée au centre de la girelle

La montée

Pour un droitier, c’est la main GAUCHE qui centre la terre, la droite ne sert qu’à retenir la poussée. Les doigts sont réunis en avant, pouces relevés. La main gauche est alignée avec l’avant-bras qui repose sur la cuisse en son milieu. C’est l’épaule qui doit pousser la main, celle-ci devant rester décontractée. La poussée exercée par la paume de la main dont le bord est calé sur le bord de la motte fait monter la terre qui est maintenue par la main droite. Le centrage ne s’obtient pas à la montée mais à la descente

Montée de la terre

La descente

Seule la main gauche agit: le pouce gauche placé au dessus de la motte l’écrase doucement tout en poussant. Les doigts de la main droite se calent sur la base du pouce gauche et aident à pousser vers l’avant. Le bord extérieur de la main gauche est calé à la base de la motte et rassemble la terre. Si tu veux faire un pied à ta pièce, accentue ta pression à la base pour y faire une encoche. Tu formes ainsi un champignon qui dessine déjà le pied de ta pièce. En descente, diminue la vitesse de rotation du tour, pousse et retire doucement ta main gauche. A la fin, si ta pièce est bien centrée elle ne doit pas osciller sinon, recommence.

Descente de la terre

Perçage du centre

Place l’extrémité du pouce gauche et de l’index droit au centre et incline tes deux doigts à 45° en poussant vers le centre. Arrivé au fond, tire les deux doigts vers toi pour agrandir le fond. Aplani le fond avec la pulpe du pouce et crée une petite gorge sur le fond du bord intérieur avec la pointe du pouce.

Rassemble la terre: place tes mains autour de ta pièce, doigts réunis en avant comme pour monter la terre. Le bord de ta main gauche rassemble la terre du bas vers le centre. Resserre progressivement tes mains pour avoir une paroi épaisse mais verticale.

Affine le haut en pinçant le bord entre le pouce et l’index gauche et en retirant le surplus de terre du dessus avec l’index droit.

 

Alors, deux formes basiques sont possibles, le cylindre ou le bol ou encore la forme fermée et la forme ouverte. La différence c’est que pour le cylindre tu montes ta pièce verticalement en rétrécissant le haut par rapport au pied. Pour le bol, c’est l’inverse, tu vas élargir ta pièce en montant.

Faire un cylindre

La pince

Forme une pince entre ton pouce et ton index de la main gauche. Appuie cette pince sur le bas de ta pièce et monte progressivement en maintenant la même pression tout du long. Les doigts de la main droite sont juste en appui sur le pouce gauche pour le caler.

C’est un geste délicat: pas trop pincée c’est-à dire pas trop en crochet car tu crées une encoche (les doigts forment un cercle); mais aussi pas trop pulpe contre pulpe des deux doigts ( tes doigts forment une amande) car tu assèches ta terre et tu vas la déformer. C’est entre les deux, tes doigts forment un ovale.

Affine le haut en pinçant le bord entre le pouce et l’index gauche et en ôtant le surplus de terre du dessus avec l’index droit.

Recommence la montée si la longueur de tes doigts le permet. Amincis le fond en récupérant de la terre et en la remontant car on laisse souvent trop de terre au fond. Tu le payeras ensuite en longues séances de tournassage! Ramasse bien ta terre en bas à l’extérieur pour ne pas laisser de collerette baveuse.

Monte ta terre pour former un cône qui ressemble à une tour de refroidissement de centrale nucléaire.

La vague

Au delà d’une hauteur d’environ 10cm, tu ne peux plus utiliser la pince car c’est la limite de hauteur de tes doigts. Pour monter plus haut tu vas utiliser la technique de la vague.

Le majeur de la main gauche se place dans le bas de la paroi intérieure et pousse la terre tout en montant. Ainsi, il forme une bosse vers l’extérieur. Le majeur de la main droite se place en bas à l’extérieur de la pièce mais en dessous du doigt intérieur. Il va faire déplacer la bosse vers le haut. Ce déplacement rappelle le mouvement d’une vague. L’écartement entre les deux doigts doit rester le même tout en montant.

Tu ne peux faire au maximum que 3 passages, donc il faut bien remonter la terre depuis le bas vers le haut en exerçant une pression suffisante et constante. Plus tu montes plus tu ralentis la vitesse de rotation du tour. Plus tu montes, plus tu relâches la pression entre tes doigts.

Faire un bol ou forme ouverte

La pince

C’est comme pour le cylindre, mais ici la pince étire la terre vers l’extérieur pour créer un cône inversé. Le haut de la pièce est plus large que le bas.

Duo de majeurs

A 10cm de hauteur, tu ne peux plus faire la pince. Etire la terre avec les deux majeurs placés l’un en face de l’autre en montant.  Tu tires la terre de dedans en dehors et tu obtiens la courbe désirée.

Sans pied, le fond est fin, avec pied on laisse une collerette extérieure et un fond plus épais.

L’estèque

Applique l’estèque en métal à l’extérieur, pointe en bas , perpendiculaire à la pièce. Lisse en récoltant doucement la barbotine. Cela assèche la paroi.

Fais la même chose à l’intérieur avec l’estèque pointe en haut en allant du haut vers le fond.

Tu peux écarter les bords et obtenir une coupe en étirant l’intérieur. La forme s’obtient par un appui intérieur, jamais extérieur. A l’inverse, tu ne peux pas d’une coupe  faire un bol, il te faut choisir à l’avance.

Les yeux fermés

Sur les conseils de CC, je fais un cylindre depuis le centrage jusqu’à la fin entièrement les yeux fermés. C’est très instructif. Tu ressens beaucoup mieux la terre, tu es concentré sur tes doigts et la pression que tu y exerces.  Selon CC, le pot était mieux tourné que celui réalisé yeux ouverts!

Fin d’une journée fatigante mais très riche en acquisitions de connaissances.

 

 

 

Quel poids de terre pour faire 12 mugs ?

Est-ce que ce pain de terre de 10Kg  suffit pour faire 12 mugs?

                =

                             ?

 

Dans son blog, Amélie Touvet explique comment faire le calcul

             

                   ↓

Elle assimile chaque pièce à un cylindre.

Ici, les mugs  font 10cm de hauteur pour 8cm de diamètre, ont un fond de 8mm d’épaisseur  et un tour de 5mm d’épaisseur.

     Volume d’un cylindre= πd²/4 x h

π= 3,14, d=8, h=10  donc Volume extérieur du mug = 3,14×8²/4 x 10= 502cc

En théorie, ajoute à la hauteur du mug le renflement en largeur par rapport à la verticale. Ici, le mug a un renflement de 3 mm en bas qui s’ ajoute à la hauteur soit 10,3cm. Pour simplifier, n’en tiens pas compte car c’est très peu. De plus, ne tiens pas compte de l’anse, imagine  qu’elle  est faite avec les chutes d’argile ( si tu n’en a pas c’est que tu es très fort et que tu tournes très bien, moi j’en ai toujours un peu).

Le volume extérieur du mug c’est : π x 8²/4 x 10= 502cc

Son volume intérieur  : π x (8-2×0,5)²/4 x (10-0,8)= 353cc

Donc le volume utile de terre : 502-353 = 149 cc

Densité de la terre : 2,4g/cm³

Ainsi, j’ai besoin de = 149 x 2,4  = 357g de terre

Et pour 12 mugs, j’ai besoin de 357g x 12 = 4Kg284g

Avec un pain de terre de 10Kg , je peux donc faire 28 mugs !

Le calcul est correct mais le résultat est faux:

Parce-que tu n’as pas tenu compte du retrait de la terre au séchage (5-6%) et à la cuisson (6-8%) et que les mesures que tu as faites à partir d’un mug fini sont forcément inférieures à celles du mug en argile crue.  Personnellement, j’ajoute 12% au poids initial et obtiens un poids de 400g.

Tu pourrais donc faire 25 mugs

Oui mais c’est seulement parce que tu es très fort, que tes mugs sont de fine épaisseur et tous tournés pareils. Pour moi qui ai du mal a faire des séries identiques, qui ai des chutes, j’estime que je ne dépasserai pas les 20 mugs !

Après le séchage et la cuisson  tu allèges ta pièce mais l’émaillage  l’alourdit. En pratique, tu peux escompter que le poids final de ton mug sera proche de son poids d’origine soit environ 400g.

Tu n’as pas plus simple ?

Oui, selon les 3 dernières lignes au-dessus, pèse le mug fini soit 400g et tu connais le poids nécessaire d’argile crue qu’il te faut pour refaire un mug.

Voyons ce qu’en pense Sarah:

Dans le blog-du-bol ,

Sarah propose 500g pour un mug de 13cm de haut x 9cm

Et pour une tasse, un bol ou autre ?

Consulte l’article d’Emilie C. dans Les Neoceramistes

Maintenant à toi de jouer, essaie de prévoir par la pratique la quantité de terre qu’il te faut ce matin

 

 

 

Le spleen du potier

Que faire quand tout va de travers?

Quand tout va mal

22/03/2025 Aujourd’hui c’est décidément pas mon jour, je n’arrive à rien. Je prends de la terre W11 lisse recyclée et la pétris puis la divise en mottes de 400g. La motte se met à tanguer et j’arrête. Avec une autre, même chose.

Pour changer, prenons plus gros:  je prends une motte de 4 Kg et la pétris du mieux que je peux avant de la placer sur le tour. Elle monte bien, descend à souhait, tourne bien droit, je reprends espoir et décide de faire un grand saladier. J’en ai déjà fait plusieurs de différentes formes donc je suis plutôt confiant. Je creuse le centre et tourne les parois sous forme d’un tube qui tourne bien droit. J’atteins les 35 cm de haut et commence à élargir tout en tournant. Tout va bien et puis à 35cm de largeur alors que j’ai pratiquement terminé, le bord s’affaisse et  impossible de rattraper, je recycle la terre.

Prendre plus petit:  je prends 2kg toujours de la même terre et obtiens le même résultat. C’est à n’y rien comprendre. Stop! je nettoie les outils, range la terre et quitte l’atelier, à la fois déçu et troublé et je m’interroge.

Est-ce un problème technique? Est-ce la terre recyclée qui me joue des tours, l’ai je trop mouillée ou pas assez? Et bien non, je pense que c’est ce qu’on se dit pour se disculper de son propre échec.  Il en va du tournage comme d’autres activités, il y a beaucoup de jours où tout va bien, heureusement, et il y a parfois des jours où tout va mal. C’est un problème humain.

Pourtant, la météo est au beau fixe, je rentre d’une semaine de vacances, aucune mauvaise nouvelle, autour de moi tout va bien et le moral est bon. Alors, que faut-il en penser?

J’émets l’idée que cet échec est dû d’abord à un défaut de concentration. Quoique de bonne humeur, j’ai plusieurs choses qui me trottent dans la tête, insignifiantes pour la plupart. Ces choses-là créent une dispersion de l’esprit et perturbent la position des mains. Je crois qu’il y va aussi d’un excès de confiance en moi. Ayant réussi à plusieurs reprises à tourner des séries de grands plats, saladiers… je suis devenu plutôt relax. Je ne me suis pas assez appliqué comme je le fais d’habitude, en prenant le temps qu’il faut à toutes les étapes du tournage.

Alors que faire? Ce soir, je décide de faire autre chose, de prendre l’apéro, de me changer les idées. Mais bien sûr, il faut que je recommence demain.

Je vais m’efforcer de tourner en ne pensant qu’à ça et de prendre mon temps. Bien malaxer la terre sur la plaque de plâtre. Monter et descendre la motte trois fois. Centrer la motte et aplanir le haut. La mouiller le moins possible pour qu’elle tienne bien droite. Tourner bien régulièrement et lentement, pour que l’épaisseur soit la même partout. Creuser le centre et vérifier l’épaisseur du fond d’environ 1cm au moyen de la pique. Mettre à plat le fond en ramenant la terre sur la paroi. Prendre l’estèque en bois pour aplanir le bord extérieur. Régulariser le bord supérieur après chaque passage de tournage, au besoin en la coupant avec le fil métallique ou de nylon. Je dois être attentif, régulier, en résumé : zen et concentré.

30/03/2025: ça marche, même avec de la terre recyclée plusieurs fois, en m’appliquant, en prenant le temps et en ne pensant qu’à la position des mains: être zen et concentré, c’est le secret du tournage.

 

Les fissures d’un plat

Les fissures traversantes au fond d’un plat

Une fissure apparaît au séchage sur le fond d’un plat.

Si elle n’est pas traversante on peut la réparer.  Préparer de la barbotine de la même terre mélangée à du papier hygiénique broyé ( ou de la carboxy méthyl cellulose ou de la colle à papier peint) et à du vinaigre blanc. Pour un pot à yaourt , mettre 2 segments de papier hygiénique et une cuillère-à-café de vinaigre blanc avec la terre et de l’eau et bien mélanger à la cuillère. Humecter la fissure, la gratter au scalpel et lisser. Pour en savoir plus, consulter l’article d’Emilie des neo-céramistes

Si elle est traversante, inutile d’essayer de la réparer ça ne marche pas, elle revient au séchage.

Ci-dessous, fissure traversante d’un plat-à-tarte en terre-à-feu.

La fissure traversante se voit à l’endroit et à l’envers du fond du plat. Je l’ai observée sur nombre de plats-à-tarte. J’ai essayé au tournage de bien étaler la terre en la ramenant vers le centre et en l’écartant vers le bord plusieurs fois, de bien éponger le fond à l’éponge, rien n’y fait, une fois sur deux j’ai ce problème récurrent. Les plats partent systématiquement au recyclage. D’où cela vient-il ?

Cela provient d’une rétraction inégale de la terre, par inclusion d’une bulle. La solution ( mais peut-être n’est-ce pas la seule): en fin de préparation de la terre sur la plaque de plâtre, constituer un cône (image de gauche) puis installer la motte avec le cône inversé sur la girelle (image de droite). Cela évite d’emprisonner des bulles.

Résultat, je n’ai plus trop de souci sauf avec de la terre recyclée insuffisamment préparée qui peut contenir des bulles. Ci-dessous un plat sans fissure

Si la fissure apparaît après la cuisson du biscuit, le plat est mis au déchet, impossible de réparer.

 

Tournage

Comment faire pour tourner un pot?  Comment apprendre à tourner.

Juste quelques réflexions retirées de mon expérience toute fraîche mais depuis peu j’arrive à tourner sans avoir trop d’échec.

1/ Disposer d’un tour de potier facilement accessible

2/ S’y mettre tous les jours pendant 1 à 3h et NE PAS SE DECOURAGER

3/ Regarder des vidéos de potiers chevronnés et étudier leurs gestes. Les voir à chaque fois qu’on va tourner au début

4/ Prendre 500à 600g d’argile très plastique (malléable), surtout au début, et choisir une argile contenant un peu de chamotte, ça aide

5/ La pétrir sur un bloc de plâtre ou en placo à deux mains en faisant faire à l’argile « la tête de bélier  » pour bien la malaxer et la sécher un peu

6/ La tasser sous forme d’un cube en la laissant choir et façonner en forme d’obus la face qui sera placée sur le tour

7/ La plaquer d’un coup sec au centre du rondeau assujetti à la girelle (par de l’argile en boudins sur son bord ou une mince pellicule d’argile sous le rondeau

8/ Lancer la girelle au maximum, se mouiller les mains et centrer la terre

9/ Plaquer fort les deux mains, la gauche autour et la droite dessus en appuyant fort et avec les auriculaires écraser la base pour coller l’argile au rondeau et la centrer jusqu’à ce que vos mains soient immobiles. Si ça bouge c’est que ce n’est pas centré, inutile d’essayer d’aller plus loin, il faut absolument centrer la terre.

10/ Faire monter la terre, le but est d’en chasser les bulles prisonnières. Se caler les coudes au ventre et écraser fort la base de l’argile entre les deux mains soit devant-derrière soit latéralement. Les mains doivent se toucher jusqu’à ce qu’un boudin vertical émerge entre vos mains, qui doivent être humectées sinon gare, ça casse ou ça projette. On accompagne le boudin vers le haut en relâchant un peu la pression

11/ Faire descendre la terre: en fin de montée du boudin, appliquer la main gauche contre le boudin et le faire légèrement pencher à droite pendant que l’autre main l’écrase vers le bas jusqu’à obtenir un môle régulier à base large.

12/ Recommencer la manoeuvre de montée-descente au moins une fois

13/ Attaquer le tournage: ralentir la rotation de la girelle et placer un doigt vertical (le pouce ou l’index gauche) au centre du môle de terre et  l’enfoncer presque jusqu’au fond. Placer l’index droit en crochet au contact du pourtour du môle. Partir de la base avec les deux doigts placés en vis-à-vis le droit dedans, le gauche dehors, soit à la partie droite du môle soit devant vous, en vous penchant au dessus de la girelle. Le principe est de faire remonter la terre de bas en haut en lui imprimant un mouvement hélicoïdal par la pression conjuguée des deux doigts. Plus on monte plus on diminue la force. Il faut agrandir le trou jusqu’à passer deux doigts voire la main au centre. Le doigt extérieur contrôle la poussée sans forcer et les doigts intérieurs montent la terre. Au début, monter des cylindres, encore et encore jusqu’à ce que ça devienne facile (il ne faut pas se décourager, ça ne vient pas tout seul, il faut batailler). Si le môle s’élargit trop, alors, exercer la poussée par le doigt extérieur et contrôler la poussée avec le doigt intérieur. Répéter la manoeuvre plusieurs fois et plus on monte, plus on adoucit le geste, moins on presse la terre sinon elle se venge assez vite…Il faut garder de la terre à la base sinon ça s’effondre…Il ne faut pas non plus trop amincir le haut sinon ça part en volutes…

14/ Incident! La terre se met en tire-bouchon, on redresse en la caressant tout doucement avec les doigts dedans et les doigts dehors, en restant longtemps là ou vous sentez des irrégularités, et en progressant de bas en haut

15/ Incident ! Le haut s’effondre, prendre le fil à couper et sectionner en essayant de récupérer le bas

16/ Incident! La terre s’échappe, ne colle plus au rondeau, c’est fini, on recommence

17/ Incident! ! L’épaisseur est inégale, rester au même endroit avec la pulpe des doigts de part et d’autre , sans appuyer trop fort jusqu’à sentir disparaître le bourrelet.

18/ Incident! Le haut devient inégal avec un côté plus haut, sectionner comme en 15 et reprendre

19/ Tout va bien, alors les doigts de dedans peuvent modeler une forme évasée tout en contrôlant la pression avec les doigts extérieurs. Les doigts extérieurs peuvent resserrer en contrôlant la pression avec les doigts intérieurs

20/ Attention, dans tous les mouvements, les deux mains doivent toujours rester en contact 

21/ Si la pièce est montée et si les bords sont suffisamment fins, on peut alors araser le bord supérieur avec le fil et ajuster le pied au tournassin

22/ Avec l’aiguille, on mesure l’épaisseur du fond qui ne doit pas dépasser 1cm (5mm au mieux). Si c’est trop épais, ôter de la terre avec les instruments annulaires non coupants, à bord mousse. 

23/ Ne pas oublier de tamponner le fond à l’éponge, il ne doit pas rester d’eau au fond sous peine de craquelure au séchage.

24/ Retirer le rondeau et mettre la pièce à sécher 1 à 3 j selon le degré d’hygrométrie avant tournassage. 

25/ Le tournassage, c’est la finition qu’on peut commencer lorsque la pièce s’est décollée du rondeau. On verra ça plus tard

Grès en place sur le rondeau posé sur la girelle du tour avant tournage
Pot en fin de tournage

1er Décembre 2022: enfin je vais avoir mon propre tour, réalisé par mon fils dans son entreprise Comua. Le voici prêt à être habillé. On ne peut le bloquer avec les deux mains et selon lui je pourrai tourner plus de 30Kg enfin… le tour peut peut-être le faire mais moi il va me falloir du temps et beaucoup d’entraînement.
Tour créé par COMUA
Tour fait main

Ci-dessous, le voici terminé et je l’ai déjà utilisé. Oui, c’est vrai, il est puissant, 10 cm plus haut que les tours du commerce, ce qui m’arrange car plus confortable pour le dos, et avec ses pieds réglables en hauteur, il est adaptable.

Tour terminé

Le tour réalisé par Comua. Il pèse environ 50Kg. On retire le bac en métal en ôtant la girelle avec une clé de 13. Le dégagement frontal permet de passer les pieds ce qui est confortable.

Les étapes successives pour tourner un pot, après avoir monté et descendu l’argile 3 fois:

Argile rouge qui a été montée ét desendue 3 fois ici prête à être tournée
Prêt à tourner
Tournage vertical cylindrique sans forme
Tournage en hauteur sans galbe
 Fin du tournage du pot
Le pot terminé

Et si on faisait une théière? C’est un objet courant qui paraît il fait partie des épreuves du CAP de poterie alors allons-y, Chantal fait la sienne et moi la mienne. On tourne le pot, le couvercle, façonnons le bec verseur et enfin l’anse. Voici le résultat en cuisson de dégourdi non encore émaillé, on cherche chacun son émail.

Théières
théières en cuisson de dégourdi, non encore émaillées Chacun la sienne

23/04/2023 Où trouver l’inspiration pour acquérir les bons gestes. En direct en allant sur des marchés de potiers avec démonstrations ou mieux en s’inscrivant à des cours de tournage près de chez vous, tel que celui cité de l’atelier du carbassou qui le présente aussi en vidéo sur youtube

06/05/2023 Le tournassage

C’est la finition du pot après une courte durée de séchage à consistance « cuir » de l’argile. Si on ne peut le faire le lendemain ou surlendemain du tournage, placer le pot sous sac plastique et le reprendre plus tard. Placer le pot à l’envers sur la girelle et le centrer par rapport aux anneaux en faisant tourner doucement. On arrête on déplace, on fait tourner, on replace jusqu’à ce que le centre du pot ne bouge plus, au besoin mettre le doigt dessus. Si on a du mal, mettre le bout de l’index bien fixe au contact du bord du pot et faire tourner doucement afin de mesurer l’écart à corriger. On peut aussi utiliser un trusquin dont la pointe remplace le bout de l’index. Faut-il fixer le pot ? Pas obligé si on appuie assez fort sur le dessus du pot, ou si on le place sur une peau de chamois humide. On peut aussi se faire offrir un grip de tournassage, le luxe…

Le tournassage consiste à retirer et à régulariser une certaine quantité d’argile du pied ou de l’enveloppe du pot au moyens d’outils: tournassin, estèque, palette, grattoir, mirette, couteau, perforateur, éponge chaque outil ayant une fonction particulière.

On ne mouille pas le pot, le laisser tel quel après le séchage de courte durée.

Pour le pied, faire tourner doucement et égaliser le fond du pied pour le rendre bien plat et horizontal au moyen d’une estèque ou une palette métallique à bord droit. Puis, prendre un tournassin à pointe fine qui trace un sillon régulier au bord du pied en appuyant fermement un doigt de l’autre main sur le centre du pot afin que le pot reste bien collé à la girelle. Tracer un autre sillon plus en dedans à la distance choisie pour ce qui constituera le pied du pot. En dedans et en dehors, l’argile sera délicatement retirée au moyen d’une mirette coupante, d’un tournassin à bord rectangulaire ou d’une estèque rectangulaire. Attention à ne pas laisser l’outil déraper sur le bord car à la moindre estafilade, il faudra à nouveau aplanir le pied et recommencer. Attention de ne pas trop enlever d’argile au centre car on risque de percer et là adieu le pot… Comment savoir? grâce à l’expérience au travers des échecs, mais aussi en tapotant le fond avec l’ongle ou un petit bout de bois et « écouter » le pot, ce qui est aussi valable pour l’enveloppe.

Pour l’enveloppe, prendre une estèque métallique courbe ou une mirette à bord tranchant et faire tourner un peu plus vite que pour le pied mais toujours en maintenant le pot plaqué à la girelle avec le doigt de l’autre main. On racle de haut en bas et de bas en haut plus ou moins fort selon l’épaisseur et on retire des copeaux plus ou moins épais et larges selon l’outil utilisé. A la jonction entre l’enveloppe et le pied, faire tourner très doucement et utiliser une petite mirette à bord tranchant pour être bien régulier. terminer en polissant avec une estèque  en silicone ou une éponge fine humide. 

Et l’intérieur du pot? Un bon tourneur n’y touche pas! L’intérieur du pot  doit avoir été fignolé au tournage mais… On peut utiliser une mirette à bord rond non tranchant en appuyant son extrémité de forme ronde contre la paroi du pot et son extrémité droite pour le fond. Elle évite d’accrocher l’argile et de percer le pot.

Pour finir, retourner le pot sur son pied: est-il bien droit et pas bancal ? sinon il faut égaliser et horizontaliser le pied à nouveau. Le bord est-il bien régulier, a-t-il été endommagé au tournassage? Avec une éponge humide à grain fin, faire tourner délicatement et régulariser le bord.

01/12/2023 Préparation d’une participation à la fête de l’école Notre-Dame de l’Aurore

Il nous a été demandé de venir exposer des articles utilitaires tels que tasses, bols, pots de petite taille à la fête de l’école en même temps que d’autres artisans. Chantal et moi nous installons sur nos tours respectifs et on enchaîne le tournage des pots. Dehors le temps est très pluvieux aussi allume-t-on le poêle pour hâter le tournassage et le séchage. Le lendemain, tournassage et signature au tampon ou à la pointe fine selon le degré de séchage.

Tasses, bols, coupes, saladier, assiettes : le travail de la journée

Une petite précision, installer la motte et comment retirer la pièce après tournage? Soit on utilise un rondeau en bois qui est centré et assujetti à la girelle avec des colombins d’argile humide placés en bordure du rondeau et ce dernier sera retiré en même temps que sa pièce à la fin, soit on place la motte sur la girelle et à la fin on retire avec un tournassin le bord de l’argile à la base du pot puis on mouille un peu derrière la pièce et on fait passer plusieurs fois le fil en nylon ou en métal sous la pièce en le ramenant vers soi tout en emmenant avec le fil un peu de l’eau qui glisse sous la pièce, ainsi on attire le pot en dehors du centre et on glisse les deux derniers doigts des deux mains de part et d’autre sous la pièce pour la soulever légèrement tout en la maintenant sur le bord supérieur avec les 3 autres doigts des deux mains. Dans le 2ème cas on risque de déformer un peu la pièce mais l’avantage c’est qu’on n’a pas à attendre que le rondeau veuille bien se décoller, on peut tournasser dès le lendemain.

03/05/2024 Atelier de tournage

Le week-end dernier, Emilie, la fille de Chantal installée à Saverdun dans l’Ariège (Atelier qui dépote) est venue spécialement dans notre atelier à Aucamville (82)  pour enseigner le tournage à 6 personnes en même temps. Pour cela elle avait amené 2 de ses tours Whisper, trois tours « Louise » neufs  (entreprise COMUA) lui ont été prêtés et Chantal a mis a disposition son propre tour Shimpo. Tout s’est très bien passé avec tournage le samedi matin et tournassage le dimanche soit au total une trentaine de pièce en séchage avant cuisson-dégourdi. Emilie était satisfaite de ce stage et souhaiterait le renouveler 3 fois/an, à Pâques, en été et à Toussaint. Chez elle à Saverdun, ce sont plusieurs week-ends dans l’année qu’elle consacre à cette activité de formation d’adultes et d’adolescents.

09/05/2024 Trop sec, trop tard pour tournasser ?

La poisse, j’ai oublié de tournasser un plat que j’avais mis à sécher, il est dur comme de la pierre et impossible de le tournasser. Le remède tenté avec succès: deux lingettes mouillées et re-mouillées pendant 24h sur le fond en respectant le centre

2 éponges mouillées pendant 24h
Tournassage le lendemain sans problème

24/05/2024: Un pas en avant vers les grands plats!    J’ai vu et revu des vidéos de tournage dont celles de Jean-Marie THUILLIER « tournage d’un grand bol » mais en cherchant sur Youtube on en trouve d’autres pour tourner de grands plats qui sont toutes très bien présentées. Je m’en suis inspiré pour le placement des mains, pour contrôler un geste précis et régulier,  afin d’arriver à faire de grands saladiers, de grands plats ( 35-40cm de large, je ne fais pas mieux pour l’instant) en essayant d’être toujours plus plat tout en évitant que la terre s’effondre mollement comme un chapeau flasque. Je déconseille formellement de prendre de la terre recyclée pour ce type de pièce:  j’ai essayé plusieurs fois et patatras, à la fin le beau plat s’aplatit sur le rondeau. La terre chamottée avec de la chamotte à 0,2/40%  a bien marché, ce qui m’a encouragé à poursuivre avec un pain de grès lisse neuf : aucun problème. Un ami potier m’a dit: « mouille très peu, juste ce qu’il faut pour que ta terre se tienne bien et ne se ramollisse pas trop », conseil suivi avec succès. Il est habituellement recommandé dans les stages de monter une sorte de « tour de refroidissement nucléaire » puis de l’évaser progressivement. Effectivement ceci fonctionne bien pour un saladier mais pas pour un grand plat très évasé. Dans ce cas j’y arrive mieux en élargissant la pièce progressivement de l’intérieur vers l’extérieur tout-en-laissant une large base de terre près du bord du rondeau qu’on peut retirer ultérieurement. Il faut « monter » suffisamment de terre jusqu’au bord, surtout au début car à la fin c’est beaucoup plus délicat de ramener de la terre du centre vers la périphérie. Il faut aussi régulariser le bord régulièrement en le lissant ou en le coupant au fil afin d’éviter les ondulations qui ne manquent pas d’apparaître avec la force centrifuge. Penser aussi à régulariser régulièrement le fond dont on a testé l’épaisseur au début mais qui doit rester à l’épaisseur voulue. Plus la pièce est large, plus il faut tourner lentement, plus il faut être délicat et au bout-du-bout on a l’impression de la caresser pour qu’elle veuille bien rester d’aplomb.

06/06/2024 Pas satisfait? Revenir aux sources en revoyant les vidéos de base

J’ai pu tourner de grands plats, des saladiers, des pichets mais ne suis pas satisfait parce que trop épais, d’épaisseur encore trop inégale, ou bien pas tout-à-fait rond. Comment s’améliorer? J’ai choisi de revoir quelques vidéos de base:

En premier: le centrage de la terre parce que c’est l’étape essentielle: je reviens à la vidéo N°1 de Jean-Marie GIORGIO: atelier du carbassou          

             Qu’ais-je appris que je ne faisais pas bien? il faut toujours s’auto-critiquer pour progresser. 1/ Je dois m’efforcer de bien tenir ma terre à la base en attirant la terre vers moi grâce à  mes doigts repliés de la main droite tout en la poussant ma main droite en direction de la base de ma main gauche bien calée contre mon ventre.  2/ Ne pas faire de creux sur le sommet en montant car il se remplit de barbotine qui fragilisera le pot. Donc, écarter les bords du creux vers l’extérieur et reprendre la montée. 3/ Incliner la colonne à 30° et l’écraser avec la paume de la main droite pendant que l’autre main accompagne la descente en contrôlant la périphérie qui doit rester bien régulière. 4/ En fin de descente, attendre au moins 3 rotations de la girelle en maintenant les deux mains en pression contre la motte avant de relâcher tout DOUCEMENT la pression. 

En deuxième: le perçage et le montage: vidéo N°2 de J.M. GIORGIO

Déjà vue plus haut le 23/04/2023 quelles leçons puis-je en tirer aujourd’hui ?     1/ Pour le perçage, on introduit un pouce au centre puis les deux et on écarte vers l’extérieur en maintenant toujours la terre à l’extérieur avec les doigts. Il faut toujours avoir un contrôle sur la paroi extérieure. 2/ On va ensuite en profondeur en dedans avec l’index gauche et on contrôle la base avec l’index droit afin d’évaluer le degré de profondeur pour laisser une épaisseur d’environ 5mm et c’est le vis-à-vis des deux doigts qui peut l’estimer. 3/ Pour monter droit il faut POUSSER la terre de l’extérieur vers l’intérieur car la force centrifuge tend à l’évaser et à nous donner un saladier plutôt qu’un tube. 4/ Quand on monte, partir du bas avec la main gauche en dedans qui pousse avec le majeur et guide avec l’index pendant que la main droite en dehors pousse avec l’index replié en crochet et guide avec le pouce. On n’est pas obligé d’aller jusqu’en haut. 5/ Bien étaler le fond sans laisser un monticule au centre et bien à plat jusqu’à la jonction avec le côté pour essayer d’avoir un angle droit. 6/ Lisser avec une estèque ou une carte de crédit à l’extérieur tout en poussant avec le majeur en dedans. 6/ Enfin, pour affiner et lisser le bord, une bande caoutchouc ou un morceau de chambre à air semble mieux que les doigts ou l’éponge.

♠ Messages: Revenir aux sources / Se corriger périodiquement

29/08/2024 Acquérir un tour

Je me suis rendu compte en fréquentant des personnes qui viennent suivre des cours chez Emilie à l’atelier-qui-dépote (Saverdun) ou des personnes qui viennent essayer puis acheter un tour chez Régis (COMUA) que la décision d’acquérir un tour de potier peut s’avérer difficile. En ce qui me concerne, je n’ai pas eu ce problème car j’ai acheté le 2ème tour fait par Régis et depuis presque 2 ans je travaille sur ce tour dont la seule modification a été le remplacement de la pédale. Si je voulais acheter un tour aujourd’hui, quels seraient les critères qui guideraient mon choix? D’abord je consulterais le blog-du-bol dans lequel je trouverais un article de Sarah, très intéressant (comme toutes ses rubriques, bien documentées et très pédagogiques). Et puis, j’irais voir les tours proposés par les institutionnels (Céradel, Solargil, Céram-Décor, Cigale-et-Fourmi…) et je contacterais directement les fabricants français (Breizh, Comua…) proches de chez moi afin d’essayer.

Dans quelle disposition mentale serais-je pour guider mon choix? Je crois que c’est du même acabit que pour le choix d’une voiture. Si on est jeune conducteur, limité en budget, on choisit une voiture d’occase pas trop chère, donc voir les sites en ligne qui font de la revente. Si on est un peu plus aguerri et que je suis un individu plutôt rationnel, je vais privilégier les arguments techniques : motorisation, robustesse, confort, ergonomie, longévité… Si je laisse s’exprimer mon côté poète, esthète, artiste, je me laisserai plutôt séduire par le design, la carrosserie, la couleur, l’attrait esthétique, l’histoire du modèle. Et puis si c’est pour équiper un atelier en vue de donner des cours, je chercherai un fabricant pas trop éloigné de chez moi qui m’assure un contrat d’entretien et une garantie d’au moins 3 ans.

Dans la vie quotidienne, ce n’est jamais aussi catégorique, il y a un peu de tout ça mélangé ce qui fait que c’est parfois une rencontre, un coup-de-coeur, une visite sur place, un essai pratique qui emporte apparemment subitement la décision alors que celle-ci avait muri subrepticement en intégrant tous les paramètres précédents sans qu’on en ait été très conscient.

19/11/2024 Plats à four et saladiers

Ce matin, tournage de grands plats en argile culinaire qui peuvent être utilisés au four pour gratins, soufflés, lasagnes, … tout s’est bien passé, en 2 h j’ai utilisé un pain d’argile pour 5 grands plats (30-35cm et 10cm de haut) soit 2kg d’argile /plat. Ce que j’ai retenu et essaie de t’expliquer :  après avoir monté et descendu 2 fois la terre, obtiens une motte plane, aux bords réguliers, bien centrée et creuse le centre avec deux doigts, tire vers l’extérieur mais pas trop car à chaque fois il te faut égaliser le fond par des aller-venues des deux doigts de chaque main depuis le centre jusqu’au bord jusqu’à ce que le fond soit bien plat. Re-régulariser le haut et l’extérieur avec les doigts. Re-tire vers l’extérieur, et répète les opérations précédentes jusqu’à avoir un rebord épais et régulier en périphérie. Refais plusieurs passages sur le fond puis réduis un peu la vitesse du tour et monte le bord bien régulièrement,  en coupant le haut du bord au fil lorsqu’il est irrégulier. Fais attention à l’angle de raccordement entre le fond et le bord qui doit être un angle droit. A la fin, prends une estèque droite ou une carte bancaire et dresse l’extérieur du bord bien droit. Le haut du bord sera lissé avec un morceau de chambre à air. Termine en lissant le fond avec une éponge.

Cet après-midi, j’ai fait en 45 min 2 grands saladiers de 35-40cm et 25cm de haut, sans pied, avec un petit fond, donc bien évasés. J’ai tiré la terre comme pour les grands plats mais en lui donnant la courbe depuis le départ ce qui est difficile car j’avais beaucoup de terre de l’extérieur à remonter mais là aussi il faut y aller progressivement, remonter la terre extérieure jusqu’en haut en plusieurs passages et plus on monte, plus on ralentit la vitesse de rotation du tour. Toujours faire attention que la pièce soit bien centrée et qu’il n’y ait pas d’irrégularités d’épaisseur ou de hauteur sur la périphérie du bord. Couper au fil et retirer le morceau, là on voit si le bord est régulier en épaisseur. S’il ne l’est pas, on repart du bas et on remonte la terre jusqu’à obtenir une épaisseur égale sur tout le pourtour. Si tu sens de grumeaux ou une irrégularité d’épaisseur, repasser plusieurs fois à ce niveau jusqu’à la faire disparaître.