Au cours d’une visite dominicale de l’abbaye St-Pierre de Moissac, découverte d’une exposition sur les pavements en terre cuite fabriqués et utilisés sur place à partir du XIIe siècle jusqu’au milieu du XVIe siècle.
Le grand portail et son tympanLe cloître et ses chapiteaux
Dans le sud-ouest, l’abondance de l’argile favorise son utilisation dans les pavages.
Les Pavements en terre cuite au Moyen-Âge
Exemples de techniques de décors jusque vers 1260:
Carreaux de mosaïque glaçurés
De motifs simples imitant les mosaïques de marbre
Carreaux à décor incisé
Décor incisé à la main au moyen dune pointe ou imprimé en creux ou en relief au moyen d’une estampe
Carreaux estampés bicolores
Motif estampé puis rempli d’argile
En vallée de Garonne, les carreaux seraient l’oeuvre d’un atelier bordelais itinérant qui aurait travaillé vers 1270 à Agen, Moissac, Belleperche, Grandselve, Moissac puis à Toulouse, Lagrasse vers 1296 et Montpellier .
Les pavements de l’abbaye de Moissac
Carreaux de « mosaïque rectiligne »
Remplissent les tapis en créant des motifs bicolores en damiers, zig-zags…
Carreaux estampés bicolores
Figures de cerf, couple couronné et un oiseau
Carreaux faïencés
Faïence recouvertes de glaçure stannifère (contenant de l’étain) décorés de motifs peints tracés au manganèse (ici un oiseau)
Les couleurs se sont altérées avec le temps et avec l’usure provenant du pas des moines arpentant les salles et les galeries pendant des siècles.
Techniques de fabrication
Les carreaux sont fabriqués dans des ateliers fixes ou itinérants par des tuiliers ou des potiers qui récupèrent la terre dans les champs et les talus. La terre récupérée à l’automne est laissée à l’air libre tout l’hiver, retournée de temps à autre. Au printemps un ouvrier la foule en marchant pieds nus. Un ajout de sable à l’argile favorise sa consistance et évite une déformation pendant le séchage et la cuisson.
Le façonnage
Moulage du carreau
Placer un cadre en bois sur un plan de travail saupoudré de sable ou de cendre. Ce cadre est plus grand que le carreau définitif en raison du retrait de la terre au séchage et à la cuisson.
Cadre en bois sur lit de sable
Démoulage du carreau
Ce cadre est empli d’argile projetée et battue pour chasser les bulles d’air. Araser le haut avec une raclette ou un couteau. Le carreau démoulé est mis à sécher sur un plan ventilé à l’abri du soleil.
Carreau démoulé mis à sécher
Estampage du carreau
On imprime un motif en creux par pression avec une matrice en bois de profondeur 1mm pour un décor en engobe et de 5mm pour un décor incrusté
Matrice en bois appliquée par pression sur le carreauEmpreinte du motif en creux dans le carreau
La paraison
On découpe les bords du carreau à l’aide d’un couteau en utilisant un gabarit de format carré standardisé.
Le remplissage de barbotine blanche
L’empreinte est remplie de barbotine blanche (argile liquide à base de kaolin) qui est arasée en surface . Enfin, séchage de 3 à 4 semaines avant cuisson
Empreinte remplie de barbotine blanche
Les carreaux disparus de l’abbaye de Moissac
Dans les galeries du cloître en 1823, Alexandre du Mège observe et décrit un pavement étonnant, détruit en 1845.
En 1882, Daniel Belbèze et les membres de la société archéologique découvrent un pavement dans la chapelle gothique, à l’étage de la tour médiévale. Détruit en 1920, on le connaît grâce aux travaux de Jules Moméja en 1893. Il occupait toute la surface de la chapelle de 7x3m
Aucun déchet de terre, pot-boule terminé en 6min24, belle démonstration!
Nous avons tous progressé, chacun dans son style
J’ai fait des formes ouvertes: coupes à fruit avec 1500g puis 2Kg de terre, puis à un cylindre avec 2Kg de terre.
Selon Christian, il faut acquérir la mémoire du corps, c’est-à-dire que les gestes doivent venir naturellement, sans réfléchir. Par analogie, c’est un peu comme quand on monte à vélo ou qu’on joue d’un instrument de musique. Ce qui est acquis le reste mais il faut du temps et de l’entrainement. Si on s’arrête un temps de pratiquer, ça doit revenir tout de suite.
On parle ici d’une argile culinaire pour créer des plats que tu peux mettre dans le four de la cuisine.
Si tu exposes aux chocs thermiques une poterie faite de grès classique, tu cours le risque qu’elle se brise. Imagine, tu sors ton plat du four et il se répand sur la table…
Il faut donc une argile qui résiste aux chocs thermiques et en particulier aux températures allant de celle du réfrigérateur à celles du four, c’est-à-dire un écart de plus de 200°.
GSA CL
On n’a pas trop le choix: SOLARGIL commercialise le GSACl c’est-à-dire le Grès de St Amand culinaire au prix de 16,08€ le pain de 10Kg. C’est une argile conçue et préparée pour confectionner des plats allant au four. Elle est composée de Grès de Saint-Amand enrichi avec des argiles réfractaires et de 15 % de chamotte de cordiérite 0-0,3 mm.
C’est la matière première indispensable pour la production de céramiques réfractaires hautes performances. Un ajout de 20 à 30% de silicate de zirconium augmente la plage de cuisson. Elle se présente en poudre ou en granulats déjà porté à haute température
Inconvénient: coefficient de dilatation thermique faible de 58×10-7(300-500) ce qui la rend plus difficile à émailler. Il faut appliquer un émail dont le CDT est plus faible ( voir l’article sur le CDT)
La chamotte
Avec la cordiérite, c’est le deuxième élément indispensable. C’est de l’argile cuite et broyée avec une granulométrie allant de 0,2 à 1,2mm. Elle est mélangée à la pâte. Les micro-poches d’air créées par les grains facilitent les modifications d’expansion de la terre.
Dans le GSA CL, il y a 15% de chamotte de cordiérite 0-0,3mm.
Je ne pars pas de zéro, les essais initiaux étaient concluants, voir l’article « argile du jardin »
Cuisson en dégourdi à 980°C de pots en argile locale
Voici son analyse chimique réalisée par la Société Française de Céramique:
SiO² 75,52; Al2O3 13,19; TiO2 0,82; Fe2O3 4,35; CaO 0,66; MgO 0,89; K2O 0,89; Na2O 0,70; P2O5 0,09 et Perte au feu à 1150°C 4,32
L’analyse chimique ne permet pas de dire dans quelle catégorie ranger cette argile. Connaître sa composition ne suffit pas pour prédire ses propriétés physiques.
SiO² 65,30; Al2O3 21,10; TiO2 0,80; Fe2O3 1,41; CaO 0,22; K2O 1,68; Na2O 0,32; MgO 0,15; MnO 0,02 et Perte au feu 9,00
Quelle méthode appliquer pour savoir comment l’utiliser en poterie?
De mes précédents essais je retiens: argile de bonne qualité, qui se tourne bien, qui se cuit un peu comme du grès, à 980°C pour le dégourdi (elle devient de couleur orange) et à 1200°C pour une couverte ou un émail . Elle donne une belle couleur rouge grenat à 1200°C.
Tasse en argile locale émaillée : belle couleur rouge grenat mais fendue
A 1280°C elle devient noire (magnétite) et se met à fondre:
3 pots en argile locale cuits à 1280°C couleur noire et collés à l’assiette en grès
Tout d’abord, je dois choisir le type de cuisson:
– pour la 1ère cuisson en dégourdi: 980°C comme le grès ou 1020°C comme la faïence, ou entre les deux : 1000°C ? Je vais choisir 980°C car j’ai déjà essayé et les résultats étaient corrects. De plus, ça me facilitera la gestion du four de ne pas avoir une nouvelle courbe de cuisson dédiée.
– pour la 2ème cuisson après couverte ou émail: je vais choisir 1200°C car en dessous la couleur serait moins belle et les pores seraient moins fermés. Au dessus de 1200°C, je crains le début de fusion et la magnétite noire comme ci-dessus. En plus, je cuits beaucoup d’émaux sur grès à cette température, donc je me facilite la tâche dans la gestion des courbes de cuisson.
Ensuite, je cherche une recette d’émail compatible:
Je veux éviter que le pot se fende comme sur la photo ci-dessus. Dans l’article sur le coefficient de dilatation thermique , je précise: « il faut que le CDT de l’émail soit inférieur à celui de la pâte. Des tolérances sont acceptables, évaluées à 10 à 15 points pour la faïence et à 1 à 5 points pour le grès et la porcelaine. »
Faisons appel à deux personnes compétentes: Jean-Pierre PRIETO et Christian CHARRE
Je leur envoie la photo, la composition de l’argile et la composition de deux émaux qui ont entraîné la casse du pot et leur demande comment éviter cela:
Argile: SiO² 75,52; Al2O3 13,19; TiO2 0,82; Fe2O3 4,35; CaO 0,66; MgO 0,89; K2O 0,89; Na2O 0,70; P2O5 0,09 et Perte au feu à 1150°C 4,32
Email 2 : Fritte 3195 39,85, Sil 27,35, Cornwall stone 18,48, craie 8,87, Ox Zinc 5,45
Les réponses des experts:
Réponse de Jean-Pierre PRIETO:
» Au refroidissement le pot a voulu continuer à se contracter mais l’émail à l’intérieur ne l’a pas laissé faire. L’émail est épais, le pot est fin, donc c’est l’émail qui a gagné la bataille. Essayez d’augmenter le coefficient de l’émail, ou bien d’émailler plus fin ou bien de tourner plus gros «
Tableau joint à ce commentaire montrant le taux d’expansion des composants:
Réponse de Christian CHARRE:
» En regardant tes analyses et les formules des émaux je constate qu’il y a une différence d’élasticité entre la pâte et les deux émaux . Ta pâte est autour de 70 gpa et tes deux émaux autour de 80 . Donc un écart qui provoque très probablement la casse. Ta pâte ne contient pas tout à fait assez de silice ; il faudrait monter entre 73 et 75 °/° . Le mieux serait de mettre de la cristobalite forme calcinée de la silice. C’est peut être la première chose à tenter si tu veux conserver tes émaux à l’identique.
Tu peux aussi essayer d’augmenter la durée de cuisson et la température de cuisson. Sinon, si tu ne veux pas toucher à la pâteil faut modifier les émaux et baisser leur élasticité. C’est plus compliqué mais on peut calculer l’élasticité et ajouter ou retirer des matériaux en vue de baisser ou monter celle ci. Cependant vu que l’écart est assez important et qu’il faut plutôt que l’élasticité de l’émail soit inférieure à celui de la pâte et pas l’inverse il sera sans doute difficile de baisser l’élasticité de tes émaux sans les modifier notablement. »
Mes conclusions:
Augmenter la teneur en silice de l’argile: elle contient déjà 75,52% de SiO² et les tests virtuels n’apportent pas de modification significative de l’élasticité.
Tourner plus gros : personnellement je préfère les pots fins donc pas de changement
Emailler plus fin: oui, je vais émailler un peu plus fin (deux couches au lieu de trois)
Baisser l’élasticité de l’émail: c’est possible mais je ne vais pas tenter de modifier les deux émaux précédents. Je peux créer de nouveaux émaux d’élasticité inférieure à celle de la pâte (70gpa)
Enfin, chercher à modifier l’élasticité de la pâte avec l’ajout de nouveaux composants
Au total, je dois donc tourner un peu plus épais, émailler un peu plus fin, appliquer un émail d’élasticité plus faible ou augmenter l’élasticité de la pâte
C’est cette dernière proposition que je retiens et ne change rien aux autres.
Comment faire baisser l’élasticité d’un émail?
Quels matériaux contribuent à faire baisser l’élasticité? Dans ma recherche sur internet, je trouve une réponse dans « ceramique-technique.com » :
La caractéristique d’élasticité d’un matériau est définie par le module de Young exprimé en GPa. Plus la valeur du module est basse et plus le matériau acceptera une déformation mécanique.
Essais prévus au printemps quand la météo sera plus clémente.
Je jette l’argile dans une bétonnière avec de l’eau. Puis je la filtre au tamis à maille 80 et 100 donnant une pâte liquide. Je la laisse environ 2 jours dans un drap déposé sur la terrasse et la laisse enfin reposer sur une plaque de plâtre.
2/ Augmenter l’élasticité de l’argile
Pour l’instant, je choisis de ne pas modifier la composition des émaux et plutôt tenter d’augmenter l’élasticité de l’argile.
2a/ Reproduire la composition de l’argile locale
Je renseigne la composition chimique de l’argile dans Libpotoulz et trouve une élasticité de 71,4 Gpa.
2b/ Augmenter l’élasticité de l’argile
Là aussi, c’est en essayant divers composants que j’arrive en à trouver deux qui pourraient convenir: le silicate de Zirconium et la Colomanite borocalcite
J’ajoute à la formule de l’argile dans Libpotoulz et obtiens:
Le silicate de Zirconium 14,89% : élasticité 80,5 Gpa
Colemanite12,8% et Silicate de Zirconium4,27%: élasticité=80,09 Gpa
L’élasticité de l’argile devient égale ou supérieure à celle des émaux dont je ne modifie pas la composition.
2c/ Faire des essais avec l’argile brute et modifiée
Tournage de pots avec les 3 types d’argile que je vais laisser sécher et cuire dans les mêmes conditions.
Tournage de pots en argile brute et en argile modifiée (Zironium et Colemanite + zirconium) après tournassage
3/ Résultat
3a/ Après cuisson du biscuit à 980°C
A gauche 2 pots en argile brute. Au milieu, 2 pots en argile + zirconium. A droite, 2 pots fondus en argile+colemanite+zirconium
La colemanite a abaissé le point de fusion de l’argile. Les deux pots ont complètement fondu. Par contre l’argile+zirconium a bien résisté.
3b/ Après émaillage et cuisson à 1200°C
Les deux pots en argile 85% + zirconium 15% ont été recouverts par les deux émaux initialement choisis. Les deux pots ont bien résisté.
Conclusion:
Expérience concluante dont je rappelle l’objectif:
Deux émaux appliqués sur une argile locale ont conduit à la casse des pièces après cuisson à 1200°C. Modifier la composition de l’argile sans changer celle des émaux peut-elle éviter la casse?
L’ajout de 150g de silicate de zirconium à 850g d’argile est une option favorable pour éviter la casse des pots .
Pourquoi? Parce-que l’ajout de zirconium augmente le coefficient de dilatation de la pâte dont l’élasticité passée de 71Gpa à 80Gpa, identique voire un peu supérieure à celle des émaux
06/04/2026 Diminuer le taux de Zirconium
Le coût de 5kg de Zirconium chez Ceradel est à 63,35€ soit 12,6€/kg.
L’ajout de 15% de zirconium à la terre locale sera de 1,89€/kg de terre soit 18,9€/pain de 10kg ce qui est beaucoup trop cher.
Puis-je diminuer la concentration en zirconium en conservant au mélange une élasticité suffisante.
Si on prend comme référence le grès GSA qui convient à la plupart des émaux, son élasticité est de 73,75 Gpa. Quelle quantité de zirconium apporter à la terre locale pour obtenir une élasticité proche de celle du GSA?
L’apport de 5% de zirconium à l’argile locale augmente l’élasticité à 74,27Gpa pour un coût de 0,63€/kg: j’adopte ce compromis
Je vais faire des essais avec 95% d’argile et 5% de zirconium pour un coût de revient des 10Kg de terre à 6,30€. Par comparaison, les 10kg de GSA chez Solargil coûtent 11,39€. C’est acceptable.
Confrontation entre le travail des élèves et celui du maître à chaque étape de la réalisation d’un cylindre en céramique
Au 4ème jour du stage, on est censés connaître les gestes élémentaires pour savoir monter un cylindre
Si nécessaire, vois les jours précédents: J1, J2 ou J3
Nous prenons tous 500g de terre.
Comme référence, le maître fait une démo à chaque étape
On va le faire à tour de rôle en essayant d’approcher la référence:
Etape 1: centrer la terre
Référent: le maître
Ci-dessous de gauche à droite:
Sandra, Daniel, Christian
Jusque là tout va bien
Etape 2 Creuser le centre, aplanir le fond et rassembler la terre
Référent
Sandra, Christian, Daniel,
Aucun n’est conforme à la référence
Etape 4 Monter le cylindre en une seule pince
Référent
Sandra, Daniel, Christian
Y’a pas photo! on est loin de la référence!
Etape 5 Monter la vague pas plus de 3 fois
Référent
Sandra, Daniel, Christian
On y est arrivés mais c’est pas gagné.
Autopsie des cylindres
Référent
Sandra, Daniel, Christian
Pas de triche, vérifie le fond qui doit être mince, bien plat, à l’équerre avec la paroi (ou quasiment) . Assure toi que la paroi est bien régulière et rectiligne. La paroi va en s’amincissant un peu de la base vers le haut, c’est normal.
Ce qu’il faut retenir (« Take-home messages »):
1/ Le centrage doit être parfait, ta motte ne doit pas osciller
2/ Après centrage, tu obtiens un champignon au pied court, bien régulier, pas trop large
3/ Creuse le centre: le fond est bien plat et mince, fais bien la gorge intérieure à la base, rassemble bien ta terre en tronc de cône.
3/ La pince s’obtient en une seule fois et doit monter à environ 10cm. La paroi est régulière, le bord est régulier, la base est propre
4/ La vague se fait en 2 à 3 fois maximum. Fais un tronc de cône, le haut a un diamètre un peu plus petit que la base. La paroi est régulière, pas trop épaisse. Ne mouille pas trop la terre sinon tu ne pourras plus travailler les formes par la suite.
Et enfin, enchaîne les cylindres jusqu’à épuisement… de ta terre… ou de tes forces
Je m’entraîne au cylindre: après 3 ou 4 tentatives j’arrive à en monter un correctement.
La suite est désastreuse: voici la liste de mes erreurs:
-je ne crée pas de gorge à la base en dedans ou de collerette à la base en dehors
-le centrage est bon mais la base trop large ou baveuse
-la montée du cylindre va trop vers l’extérieur et pas en dedans
-la pince devrait se faire en un seul passage, donc pas assez forte
-en pinçant plus fort, j’arrache l’argile!
-ma position est mauvaise, siège trop bas. C’est très important parce que ta main et tes doigts doivent être dans le prolongement des avant-bras, sans cassure.
-la vague devient vite un cauchemar, je ne reproduis pas correctement ce geste magique. Soit je crée une trop grosse vague, soit je m’arrête en chemin.
CC, peux-tu nous refaire une démo?
Centre ta motte, fais une gorge extérieure, aplanis le fond et crées une encoche en dedans puis rassemble ta terre avec tes deux mains
Aplanis le haut, accentue la gorge extérieure, fais la pince et monte ta terre
En fin de pince ta terre est montée de 10cm. Régularise le haut, refais une gorge extérieure à la base et tu es prêt pour la vague.
Introduis ta main gauche afin que l’extrémité de ton majeur vienne s’encastrer dans l’encoche que tu as créée à la base au départ. Le bout de ton majeur droit vient se placer dans la gorge extérieure que tu viens de refaire. Observe bien les doigts de deux mains: ils sont verticaux et parallèles, les pouces se touchent pour assurer la prise.
C’est le majeur de dedans qui crée la vague et la fait monter. Le majeur extérieur ne fait qu’accompagner, sans pression. Ce qui est difficile, c’est de conserver le même écartement des doigts, la même pression. Vers le haut, quand la vague arrive au bord, relâche doucement la pression pour que la vague s’échoue délicatement sans onduler.
A la fin, régularise le bord. Lisse la paroi avec l’estèque et n’oublie pas de sécher le fond avec une petite éponge.
Après-midi: formes ouvertes
Les gestes sont les mêmes pour un bol, une coupe, un saladier.
Ce qui change, c’est le poids de terre et la forme qu’on veut donner. Il faut donc choisir à l’avance ce que tu veux faire. Sandra et Christian D. vont faire un bol en prenant 600-700g de terre. je choisis à nouveau le saladier et fais une motte de 1,5Kg.
CC avait raison, le 3ème jour est difficile. J’arrive à grand peine à le faire mais soit trop épais en bas, trop fin en haut, mêmes difficultés dans la régularité des gestes que pour le cylindre.
CC, une petite démo ne serait pas de trop
Voici la réalisation d’un saladier avec 2Kg de terre
Centre ta motte, fais un champignon et creuse le centre
Crée le fond non pas à plat comme pour le cylindre mais en lui donnant une courbe en remontant les doigts vers l’extérieur. Rassemble bien ta terre en la serrant avec les deux mains. La pince entre pouce et majeur gauches fait monter la terre, le majeur et le pouce de la main droite accompagnent la montée de la terre sans appuyer.
La pince a monté la terre vers l’extérieur pour former une sorte de petit pot-de- fleur. Régularise le bord. Recrée une gorge extérieure à la base et mets tes doigts en position comme pour la vague du cylindre. Ici, pas de vague mais un « duo de majeurs ». Les deux majeurs vont travailler ensemble en regard l’un de l’autre.
Regarde les deux mains: la gauche est positionnée verticalement comme dans le cylindre. La droite est presque à l’équerre et le corps de CC est penché à droite parce qu’il regarde la forme qu’il est en train de donner. C’est une sorte de gros pot-de-fleur, à paroi rectiligne. Régularise le bord. Recrée une gorge extérieure à la base.
Donner la forme: prends une estèque métallique dans la main droite et place ton majeur gauche en dedans. Appuie avec le doigt gauche en remontant et en contrôlant la poussée avec l’estèque. Régularise le bord.
Tu peux créer une collerette extérieure. Passe un coup d’estèque dedans pour lisser puis un coup d’éponge pour sécher.
A droite, celui du maître, à gauche celui de l’élève
On prend 900g de terre et on monte un cylindre.
Ce cylindre doit faire 18cm de hauteur et 8cm de largeur en haut, plus étroit en haut qu’à la base. Le but est de bien monter la terre depuis le bas, avoir un fond de 5mm, une paroi régulière jusqu’en haut et un bord supérieur bien régulier.
Le message de CC: « tant que vous ne monterez pas un cylindre, inutile d’aller plus loin ». Le cylindre est la forme de base dont sont issus tous les pots.
D’un cylindre bien tourné on peut faire une bouteille,
un pichet, une potiche, un vase-boule…
Il nous faut toute la matinée pour y arriver, c’est pas facile.
Il est par contre facile de le transformer en pichet
Sandra et Christian D. très concentrés.
Passer du cylindre à la bouteille
Passer l’estèque à l’extérieur pour sécher les 2/3 inférieurs du cylindre.
Puis pincer le tiers supérieur avec les pinces pouce-index des deux mains en allant du bas vers le haut
Mettre le majeur gauche dedans et étirer vers le haut avec les deux majeurs.
Pincer à nouveau le col jusqu’au goulot
Comment faire un grand plat?
Un rondeau en contre-plaqué de 2cm d’épaisseur et 50cm de large, renforcé au dessous par un carré en bois vissé. CC place dessus une motte de 6Kg de grès GSA (grès de St Amand) chamotté avec chamotte fine de 0,05. Observe le centrage. Il faut une petite dépression sous le centre de la motte pour créer un effet ventouse. Il tape la motte pour la centrer au mieux avant de lancer la girelle. Regarde bien comme il se sert de ses mains et de ses avant-bras.
Il plante la pique pour mesurer le fond qui fait 1cm d’épaisseur.
Il étale l’argile et crée le fond. Mains à plat pour le fond, mains repliées pour le bord, petite éponge dans la main droite, puis estèque pour le fond. L’estèque tire la terre en dehors puis la ramène vers le centre à 2 reprises.
Le bord apparaît
Il élève la bordure en la dirigeant en-dedans puis ajuste le bord
Il termine par le marli, c’est-à-dire la couronne qui ceinture le plat. L’estèque dans la main droite vient se placer en dedans et étire le marli en dehors. La main gauche à l’extérieur s’appuie sur la base du plat. Un coup d’estèque à nouveau sur le fond pour tirer la terre en dehors et la ramener en dedans. Cela renforce la cohésion du fond et évitera les fissures. Il termine par les finitions des jonctions entre le fond et le marli et enfin le bord supérieur.
Crois-moi, le tournage c’est fatigant mais tellement beau.