Emaux Cône 6 : les agents modificateurs

Ce chapitre s’inspire des deux premiers chapitres du livre: GLAZES Cône 6  de Michael BAILEY

Pour créer des émaux en oxydation dans un four électrique à une température aux alentours de 1220° à 1240°C il te faut quelques notions élémentaires

Pour ou contre

Les émaux « haute température  » sont habituellement cuits à cône 8, 9 ou 10, à 1300°C. Pour les émaux cône 6, il y a les « pour » et les « contre ».

Réduire la température économise de l’énergie, diminue la facture d’électricité et prolonge la vie du four. Par contre, ces émaux coûtent plus cher. La combinaison des éléments de base de l’émail nécessite l’ajout d’oxyde de zinc ou d’oxyde borique, de frittes pour diminuer le point de fusion. Le coût final de l’émail peut ainsi être le double voire le triple.

Les habitudes selon les pays

La cuisson cône 6  est devenue la norme depuis une trentaine d’années en Amérique du Nord , en Australie et en Nouvelle-Zélande. En Europe la cuisson cône 8/9/10 est la plus répandue.

Les agents modificateurs d’un émail

Le fer contenu dans le support interagit avec l’émail et donne une teinte plus ou moins soutenue.

Le retrait au séchage et à la cuisson du grès peut être incompatible avec l’élasticité de l’émail et provoquer un tressaillage ou des craquelures. Les pots peuvent même se casser lorsque l’élasticité de l’émail empêche l’argile de se rétracter.

                                                                                                        Il faut que le coefficient de dilatation thermique de l’émail soit inférieur à celui de l’argile.

La température influence le résultat. Cuire à 1240°C ne signifie pas que tu cuis à 1240°C et même les cônes pyrométriques de même catégorie ont des variations. La courbe de montée en température et celle du refroidissement influencent l’émail.

La capacité du four joue aussi un rôle. Tu peux avoir des surprises sur tes pièces en te basant sur les essais sur tessons cuits dans un petit four . La courbe de refroidissement d’un petit four est plus rapide que celle d’un grand four et le résultat peut varier.

L’atmosphère du four est une variable capitale car selon l’oxydation versus la réduction le résultat sera très différent. Dans un four électrique du commerce on n’a pas le choix, on cuit en oxydation c’est-à-dire en présence d’air.

Réduction dans un grand four à gaz

Le type de pièce. Le même émail ne donne pas la même apparence selon que tu le déposes sur une assiette ou sur un pichet. Le dépôt sur une paroi horizontale ou une paroi verticale modifie le résultat.

Les matériaux de base: les composants essentiels de l’émail ont des provenances géographiques différentes ce qui peut modifier l’émail. Notes les afin de les retrouver par la suite

L’épaisseur de l’émail. Sur un tesson ou une tuile, tu n’obtiens pas le même résultat en étalant 2 couches ou 4 couches d’émail. Tu peux dans tes essais passer 2 couches au recto et 3 ou 4 couches au verso pour évaluer la différence.

La densité de l’émail. Si ton émail a une densité de 1,4 ou 1,6 tu peux avoir un résultat différent

L’ancienneté de ton émail: si ton émail contient des substances organiques telles que des cendres, il peut mal vieillir et donner un mauvais résultat

Le mode de fabrication de l’émail: certaines poudre de base sont agglutinées et nécessitent un tamisage préalable telle la wollastonite. De plus, selon que tu tamises ou non ton émail à la fin, tu n’as pas le même résultat. Les particules d’oxyde de fer se mélangent difficilement et justifient un tamisage. Par contre, ne pas tamiser peut aussi donner des effets intéressants.

Les matériaux ajoutés. Si tu ajoutes de la molochite, du sable, de la carboxy-méthyl-cellulose, du papier, cela peut aussi affecter ton émail.

La liste est longue des agents qui peuvent faire varier un émail. C’est pourquoi ne t’étonnes pas de la différence de résultat entre ton émail et celui d’une recette. Le tien n’appartient qu’à toi.

recette d’émail « fourrure de lièvre »
Mes essais

Le problème c’est d‘être capable de reproduire cet émail. C’est pourquoi il te faut tout noter depuis sa composition, son mode de fabrication, sa courbe de cuisson… et même jusqu’à la date de sa réalisation et la météo du jour lors de la cuisson. Celle-ci intervient dans le séchage de tes pièces et dans le refroidissement de l’émail.

Si tu veux te lancer, je te conseille d’acquérir le livre  » GLAZES Cône 6  de Michael Bailey qui est remarquablement bien fait. Tu peux y approfondir tes connaissances dans la réalisation des émaux. Tu peux aussi y trouver des recettes qui t’éviteront bien des déconvenues.

Créer un émail de type « pierre veinée »

Comment créer un émail d’aspect « pierre veinée »?

Couleur pierre veinée chaude
Couleur pierre veinée froide

Veinage, texture et couleur de la pierre

Qu’est ce que le veinage d’une pierre ?

  • Le veinage désigne les traits visibles dans une pierre : veines, lignes, marbrures, stries ou réseaux plus ou moins sinueux. En clair, c’est la signature graphique du matériau. Elle n’est pas ajoutée artificiellement : elle vient de la pierre elle-même.
  • La couleur : la teinte dominante de la pierre.
  • La texture : l’aspect de surface et l’organisation visible des grains, cristaux ou pores.

Je ne garantis pas le résultat, je décris la méthode et en donne le résultat à la fin qu’il soit réussi ou non. 

Voyons successivement : La Base, Les Oxydes, le Support, la Cuisson, la Fabrication, l’Application

 ESSAI N°1 : Sue’s Calcium Matte

La Base

La base est créée à partir de  Sue’s Calcium Matte

D’après mes recherches, c’est une base qui se rapproche le plus de la texture de la pierre

 Néph. Syénite30%-Talc20%-Carb. de Calcium15%-KaolinA15%-Silice400 20%

La Néphéline syénite, à la différence des feldspaths ne contient pas de quartz: Silice 60% et Al2O3 23%. C’est  le support essentiel de cette base.

Le Talc contient 32% de MgO et 63% de Silice. Il apportera le toucher satiné de la pierre par l’apport de magnésium

Le Carbonate de calcium est un fondant stabilisateur de l’émail qui matifie

Le Kaolin A contient 51% de silice et 35% d’Al2O3. L’alumine stabilise l’émail et l’empêche de couler

La Silice c’est le squelette, l’ossature de l’émail par la formation de verre

Les Oxydes

A ajouter au-dessus des 100% de la base

3 variantes

1/ Rutile 4-Bi-Oxyde de Titane2-Ox.Fer Rouge1-Bentonite2

Le Rutile pour la couleur pierre

Le Dioxyde de Titane pour renforcer l’opacité et l’aspect pierre

L’ Oxyde de fer rouge pour l’aspect pierre naturelle

La Bentonite pour améliorer la suspension de l’émail

2/  Rutile 4%-Bi-Ox.de Titane2%-Ox.Fer Rouge1%-Bentonite2%-Ox.Etain2%

L’ajout d’Oxyde d’Etain est censé donner une teinte plus chaleureuse

3/  Rutile 6-Bi-Oxyde de Titane2-Ox.Fer Rouge2-Bentonite2

L’argile

Le support influence le résultat de l’émail de par sa composition et de sa courbe de cuisson: deux supports sont utilisés pour cette étude:

La fabrication de l’émail

Préparer 50g de base en utilisant une balance de précision: diviser par 2 le % de chaque composant donné pour 100g . Exemple Néphéline syénite 30% soit 30g/100g devient 30/2= 15g

Diviser en 3 pots de 16,5g chacun et ajouter les oxydes selon les 3 variantes en divisant par 2 puis par 3 le % initial, par exemple: Rutile4% soit 4/2=2 et 2/3= 0,66g

Ajouter 8ml d’eau dans chaque pot.  Densité de l’émail 1,5

Une fois l’eau ajoutée, bien remuer avec une tige fine puis tamiser au tamis maille 100 en versant le contenu dans un autre pot. Il est très important de tamiser pour s’assurer que toutes les particules de base et d’oxydes sont parfaitement mélangées.

L’application de l’émail

Au pinceau sur les 6 tessons qui servent aux essais

Pour l’application au pinceau sur des pièces, ajouter la CMC (carboxy-methyl-cellulose) ou du papier hygiénique broyé et tamisé qui aura le même effet de mieux étaler l’émail. Le mieux est le trempage de 2 à 3 sec.   ou la pulvérisation.

Faire au verso du tesson une application moyenne de 3 couches successives en alternant l’étalement: vertical-horizontal-vertical.

Au recto du tesson, faire une application en 4 couches et essuyer l’émail avec une petite éponge humide pour donner des effets

La cuisson en oxydation (four électrique)

Deux cuissons différentes selon la terre, dans le petit four électrique dédié aux essais

  • L’argile locale Cuisson du biscuit à 1020°C et cuisson de l’émail à 1100°C

Résultat:

Argile locale – 1100°C

Recto
Verso

GSA – 1250°C

Le résultat est décevant:

Sur argile locale, blanc laiteux sans veines. Texture proche de celle de la pierre

Sur GSA, marron clair sans veines, texture satinée, un peu brillant

ESSAI N°2  SUE’S CLEAR

Sue’s Clear 3134 

V 1: Sil400 26,4; Kaolin EPK 22,2; F3134 14,86; Ne Syen 14,22; Carb. Ca14,22; Ox. Etain 4,59; Ox. Fer Rouge 1,83

V 2: Sil400 24,4; Kaolin EPK 20,6; F3134 13,8; Ne Syen 13,2; Ox. Zirconium 8,5; Rutile 4,27; Ox. Fer Rouge 1,7

Support et Cuisson

GSA

Cône 5 1/2: 1200°C en oxydation

Résultat

Recto: V1 à gauche, V2 à droite
Verso V1 à gauche, V2 à droite

Résultat satisfaisant: cet émail  se rapproche de l’image de pierre veinée avec à gauche la teinte froide  et à droite la teinte chaude créée par l’apport de rutile. Texture satinée, proche de la pierre ou du galet.

Cet émail n’est pas tamisé, c’est peut-être ce qui donne cet effet de granulations sous forme de petits points noirs de l’oxyde de fer.  J’aurais souhaité un peu plus de veines, cherchons encore …

 

 

 

 

Les allées céramiques à Toulouse

Les allées céramiques Toulouse-2026

Organisée par l’association Terre-et-terres , l’édition 2026 est particulièrement réussie, attirant une foule de visiteurs.

Parmi les oeuvres magnifiques présentées par ces artisans de l’art, en voici quatre qui ont retenu notre attention.

Betty VERGNAUD

Je représente

des vivants, incarnés par leur force, leur mouvement et leur masse, des animaux d’avant domestication : l’ours, l’auroch, le sanglier. Ces grands mammifères, fascinants, menaçants et originels, dégagent une force que l’humain a toujours à la fois crainte et vénérée. Je cherche à saisir cette puissance de vie dans mon modelage.

J’utilise

différents grès que souvent je mélange, avec parfois des ajouts de matières, puis je sculpte dans la masse. Oxyde de fer, engobes et terres de récoltes pour habiller mes pièces, j’aime les teintes sombres et rougeoyantes de la réduction du four à gaz (entre 1250° et 1280°).

Je cuis

parfois dans des fours à bois (anagama et trainkiln) en Dordogne : de longues cuissons où le collectif et le feu se mêlent pour faire vibrer nos pièces. »

Betty Vergnaud travaille le grès et cuit ses émaux dans un four à gaz

Elisa Le GUERM

Mon travail sculptural

autour du contenant évoque des formes de pots anciens. En éloignant la fonctionnalité, la forme naît, et de celle-ci émerge un effacement progressif du geste.

La terre sud-américaine

en Amazonie a vu naître mon engouement pour la céramique. La rencontre avec l’art précolombien et les techniques de façonnages traditionnels de communauté potière résonnent, éveillent ma curiosité et mon envie d’apprendre.

A mon retour en France

j’intègre la maison de la céramique de Dieulefit en 2021 et y installe  mon atelier

Je récolte

différentes argiles au hasard des lieux et des rencontres, argiles que je décante par un processus lent, pour récupérer seulement les particules les plus fines.

Je cuis

en four à bois basse température ou en four à gaz à entre 1050 et 1280°.

 

Jérome HIRSON

Mon oeuvre

s’inscrit dans une céramique contemporaine et j’essaie d’être fidèle à cet art populaire. Mes créations sont utilitaires et aussi des pièces uniques.

Mon travail

se définit par ses irrégularités, imperfections, caractère épuré, spontanéité du geste et sobriété définissent mon travail.

 J’utilise

essentiellement le modelage (colombin, par pincement) car cela me permet de garder une humilité face à la Terre et de fusionner mon corps et mon esprit avec elle. »

Je n’ai qu’un seul émail,

c’est le fer contenu dans la terre qui va donner la couleur et joue aussi avec l’épaisseur de celui-ci pour obtenir des effets sur les pièces.

Je cuis

en haute température dans un four électrique à basse température

Clément PETIBON

Je construis

mon travail d’expression plastique autour de la forme du bol. Je l’imagine comme le réceptacle de nos vies. Il est l’objet par essence, qui nous accompagne et nous nourrit. Il accueille nos récits quotidiens partagés en son sein. Objet-talisman, le bol navigue dans notre environnement et capte notre énergie. Il appartient aujourd’hui à ceux qui le choisissent de le nourrir en retour.

Mes bols

montrent l’érosion du temps et invitent à nous souvenir. Ils sont des fresques de matières, effervescentes et accidentées comme nos vies. Chaque point de vue laisse une impression différente et invite à la contemplation, au souvenir. Ce sont des vestiges contemporains marqués par l’écueil de la flamme.

Je confronte

les matériaux à des chocs thermiques pour en extraire des strates géologiques. Alternativement, en retirant et ajoutant de la terre, je construis mes décors pour trouver le point d’équilibre entre les couleurs et les matières.

J’utilise

plus d’une dizaine de terres différentes que je mêle entre-elles. J’ajoute et retire des fragments de terre

J’étale

la terre  à la plaque (au rouleau)

Je cuis

entre 1260 et 1280°C, l’intérieur est émaillé et l’extérieur reste brut

 

 

Densité d’un émail : combien ajouter d’eau?

Mon émail est presque prêt. Pour prévoir environ 700g d’émail, j’ai préparé 400g de matière sèche. Il faut y ajouter de l’eau! Mais combien dois-je en ajouter pour avoir une densité de 1,5?

Comme toi, j’ai horreur des calculs avec formules mathématiques, ça me rappelle trop les bancs de l’école alors que faire? J’ai plusieurs solutions rapides:

1-J’ajoute de l’eau  » a visto de naz » et mélange pour voir s’il se malaxe bien, qu’il colle à la louche mais pas trop. Quelle flemme,  je fais ça alors que je sais que je peux me planter.

2- Je trempe un ongle pour voir si l’émail y colle bien? Si c’est l’ongle de mon petit doigt qui me le dis et que c’est fiable, mon petit doigt vaut de l’or.

3- Je décide de ne pas me servir d’un densimètre pour mesurer la densité. C’est théoriquement fiable sauf que si l’émail est visqueux, ce ne sera pas plus fiable que mon petit doigt

La méthode proposée:

1/Achète un pot de cuisine en plastique gradué de 2L

12€

Pèse le avant de t’en servir et note le

Celui-ci pèse 180g

Verses-y les 400g de poudre et ajoute 280ml d’eau (70% du poids d’émail sec). Pèse le tout: 400+280+180g = 860g. La graduation te donne 422ml (valeur arbitraire, dépendant des matières contenues dans ton émail).

2/Clique ici sur le lien : poterie.net

et entre les valeurs dans les cases :

– volume du contenant= 422ml

– poids du contenant vide=180g

– poids du contenant plein =860g

Densité=  1,61

3/Prends la seringue de 20ml

Ton pharmacien peut t’en donner une dont la date de  péremption de stérilisation est dépassée

3a/ Prélève 20ml d’eau, verse la dans le pot et corrige les valeurs 

– volume du contenant=442ml

– poids du contenant vide=180g

– poids du contenant plein =880g

Densité = 1,58

3b/Verse 70ml d’eau et corrige les valeurs

– volume du contenant=512ml

– poids du contenant vide=180g

– poids du contenant plein =950g

Densité= 1,5   c’est gagné!

Résultat:

Tu as ajouté en eau: 90ml + 280ml =  370ml au total soit 92,5% des 400g de matière sèche

Attention! Les poids sont exacts car tu les as mesurés. Les volumes dépendent des composants de ton émail et c’est la variable à vérifier sur la graduation du pot pour le calcul

J’ai mis trop d’eau au départ!

Si j’ai ajouté trop d’eau, que faire? Oui, ça peut arriver avec certaines matières sèches qui font plus de volume que de poids. C’est le cas par exemple des cendres, du kaolin…

Exemple, en ajoutant toujours 70% d’eau pour 400g :

– volume du contenant=512ml

– poids du contenant vide=180g

– poids du contenant plein =860g

Densité= 1,33

Retirer de l’eau? Non, ajouter du sec

Je ne peux pas retirer de l’eau de l’émail mais je peux refaire 200g d’émail sec et l’ajouter au mélange:

– volume du contenant= 586ml

– poids du contenant vide=180g

– poids du contenant plein =1060g

Densité = 1,50    Ouf  j’ai rattrapé le coup !

Ajouter de l’eau c’est facile mais ajouter du sec, c’est plus compliqué, surtout s’il faut en re-préparer

Alors, comment éviter de devoir ajouter de la matière sèche

Méfie toi de la matière sèche, par prudence, ajoute seulement 50% d’eau au départ comme le préconise Christine Ladevèze dans son PDF sur « les émaux noirs » et progressivement en contrôlant les valeurs, ajoute de l’eau par seringue de 20ml puis de 10ml lorsque tu te rapproches de la densité recherchée

Aller plus loin en un click:

Joëlle Swannet

Valérie Beuslin

Sarah Cambot

Matthieu Lievois

Poterie.net : plateforme et  communauté de référence des passionnés de poterie et de céramique en France

Hanna_des_bois

Les pavements en argile de l’abbaye de Moissac

Au cours d’une visite dominicale de l’abbaye St-Pierre de Moissac, découverte d’une exposition sur les pavements en terre cuite fabriqués et utilisés sur place à partir du XIIe siècle jusqu’au milieu du XVIe siècle.

Les chapiteaux du cloître et le grand portail : reconnus au patrimoine mondial par l’UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques de Compostelle.

Le grand portail et son tympan
Le cloître et ses chapiteaux

Dans le sud-ouest, l’abondance de l’argile favorise son utilisation dans les pavages.

Les Pavements en terre cuite au Moyen-Âge

Exemples de techniques de décors jusque vers 1260:

Carreaux de mosaïque glaçurés

De motifs simples imitant les mosaïques de marbre

Carreaux à décor incisé

Décor incisé à la main au moyen dune pointe ou imprimé en creux ou en relief au moyen d’une estampe

Carreaux estampés bicolores

Motif estampé puis rempli d’argile

En vallée de Garonne, les carreaux seraient l’oeuvre d’un atelier bordelais itinérant qui aurait travaillé vers 1270 à Agen, Moissac, Belleperche, Grandselve, Moissac puis à Toulouse, Lagrasse vers 1296 et Montpellier .

Les pavements de l’abbaye de Moissac

Carreaux de « mosaïque rectiligne »

Remplissent les tapis en créant des motifs bicolores en damiers, zig-zags…

Carreaux estampés bicolores

Figures de cerf, couple couronné et un oiseau

Carreaux faïencés

Faïence recouvertes de glaçure stannifère (contenant de l’étain) décorés de motifs peints tracés au manganèse (ici un oiseau)

Les couleurs se sont altérées avec le temps et avec l’usure provenant du pas des moines arpentant les salles et les galeries pendant des siècles.

Techniques de fabrication

Les carreaux sont fabriqués dans des ateliers fixes ou itinérants par des tuiliers ou des potiers qui récupèrent la terre dans les champs et les talus. La terre  récupérée à l’automne est laissée à l’air libre tout l’hiver, retournée de temps à autre. Au printemps un ouvrier la foule en marchant pieds nus. Un ajout de sable à l’argile favorise sa consistance et évite une déformation pendant le séchage et la cuisson.

Le façonnage

Moulage du carreau

Placer un cadre en bois sur un plan de travail saupoudré de sable ou de cendre. Ce cadre est plus grand que le carreau définitif en raison du retrait de la terre au séchage et à la cuisson.

Cadre en bois sur lit de sable

Démoulage du carreau

Ce cadre est empli d’argile projetée et battue pour chasser les bulles d’air. Araser le haut avec une raclette ou un couteau. Le carreau démoulé est mis à sécher sur un plan ventilé à l’abri du soleil.

Carreau démoulé mis à sécher

Estampage du carreau

On imprime un motif en creux par pression avec une matrice en bois de profondeur 1mm pour un décor en engobe et de 5mm pour un décor incrusté

Matrice en bois appliquée par pression sur le carreau
Empreinte du motif en creux dans le carreau

La paraison

On découpe les bords du carreau à l’aide d’un couteau en utilisant un gabarit de format carré standardisé.

Le remplissage de barbotine blanche

L’empreinte est remplie de barbotine blanche (argile liquide à base de kaolin) qui est arasée en surface . Enfin, séchage de 3 à 4 semaines avant cuisson

Empreinte remplie de barbotine blanche

Les carreaux disparus de l’abbaye de Moissac

Dans les galeries du cloître en 1823, Alexandre du Mège observe et décrit un pavement étonnant, détruit en 1845.

En 1882, Daniel Belbèze et les membres de la société archéologique découvrent un pavement dans la chapelle gothique, à l’étage de la tour médiévale. Détruit en 1920, on le connaît grâce aux travaux de Jules Moméja en 1893.  Il occupait toute la surface de la chapelle de 7x3m

Carroyage géométrique de la chapelle

 

 

Tourner une coupe à fruits

Tourner une coupe avec 1,5 Kg de terre: J2 du stage

Démo- vidéo

Creuser le centre et rassembler la terre

Pincer en montant vers l’extèrieur

Même geste, 2ème passage

Même geste, 3ème passage

Eponger le fond

Evaser avec deux estèques

Eponger l’intèrieur

Re-évaser avec les deux estèques

Lisser et sécher avec l’estèque

Même geste de dehors en dedans et vice-versa

Finitions

Liens vidéos

Tourner une coupe – Thierry Fouquet

 

Tourner une bouteille

Tourner une bouteille avec 1Kg de terre: J3 du stage

Démo-vidéo

Le cylindre est monté avec la pince (voir J1)

1ère vague

2ème vague

Resserrer le cylindre à deux mains

Commencer à pincer le col

Evaser en séchant le bas à l’estèque

Eponger le fond

Resserrer, araser, sécher le haut à l’estèque

Serrer, pincer, sécher, araser

Répéter les mêmes gestes

Encore une fois pour faire monter et amincir le col

Finitions: pincer, araser

Liens vidéos

Tourner une bouteille Jean-Luc Benoist 

Tourner une bouteille Céline Laurent

 

Tournage d’une boule en grès de 2Kg : Upgrade J2

Stage de tournage de 3 jours

Retour en stage chez Christian CHARRE à Mostuejouls, en Aveyron ( voir le stage précédent)

Objectif à J2: avec 2 Kg de terre tourner une boule

Démonstration vidéo de Christian Charre

Centrer la motte

Creuser le centre

Rassembler la terre

Pincer pour monter la terre

1er passage de la vague

2ème passage de la vague

3ème passage de la vague

4ème passage de la vague

Finitions

Aucun déchet de terre, pot-boule terminé en 6min24, belle démonstration!

Nous avons tous progressé,  chacun dans son style

J’ai fait des formes ouvertes: coupes à fruit avec 1500g puis 2Kg de terre, puis à un cylindre avec 2Kg de terre.

Selon Christian, il faut acquérir la mémoire du corps, c’est-à-dire que les gestes doivent venir naturellement, sans réfléchir.  Par analogie, c’est un peu comme quand on monte à vélo ou qu’on joue d’un instrument de musique. Ce qui est acquis le reste mais il faut du temps et de l’entrainement. Si on s’arrête un temps de pratiquer, ça doit revenir tout de suite.

Liens vidéos

Tourner une boule par Dorothée Bajeux

 

 

Tournage d’un cylindre en grès de 800g: upgrade J1

Tourner un cylindre ou un pichet

En ce mois de juillet 2026 torride, retour en stage pour 3 jours chez Christian CHARRE à Mostuejouls, en Aveyron ( voir le stage précédent)

Objectif à J1: avec 800g de terre tourner un cylindre de 20cm de hauteur et 10cm de diamètre. 

Terre = grès de Saint-Amand (GSA un peu chamottée de recyclage extraite du boudin provenant  de la boudineuse (8cm de ce boudin= 800g de terre)

Voir la démo-vidéo 

Ci-dessous le détail de la démo du maître en images:

Centrer la motte

Creuser le centre de la motte

Aplanir le centre avec le pouce

Rassembler la terre vers le centre

Araser le bord avec l’index

Monter la pince avec le pouce et l’index de la main gauche. Les doigts de la main droite ne font qu’accompagner

Monter la vague N°1 avec les majeurs des deux mains

Régulariser le calibre de bas-en-haut

Et araser le bord

Monter la vague N°2

Régulariser avec l’estèque de bas-en-haut

 

Cylindre tourné en 2min24, sans un gramme de terre perdue, droit et fin.

Les stagiaires arrivent à monter jusqu’à 15-16cm , au-delà ça se complique!

Liens vidéos

Tourner un pichet par Dorothée Bajeux

Tourner un cylindre par Pierre-Olivier Coulon

 

 

Marché Céramique contemporaine Giroussens 6-7 Juin 2026

Marché-céramique de Giroussens 2026

Le département du Tarn est riche de trésors d’architecture. Il offre au visiteur un ravissement pour les yeux et une délectation de saveurs gustatives.

A Giroussens ce week-end des 6 et 7 juin c’était la céramique qui faisait  l’actualité pour son 35ème marché de potiers.

Vue de l’arrivée au parking plein-champ.

Belle perspective de la terrasse d’un café

Je te propose une courte visite en images.

Les artistes à l’affiche dès l’entrée dans les ruelles

Des stands bien disposés dans le village

Un clin d’oeil en passant à Aster CASSEL qui réside à Giroussens

Au fil de la visite, une quinzaine des 69 stands

Mon BERTRAN 

Catalogne / Alt Penedes

Grès utilitaire

Flore LOIREAU

Gragnague – 31380

Porcelaine décorative

Thomas SCALA – L’Atelier Nomade

Luc-en-Diois – 26310

Sigilée
Encore dans l’oeuf

Virgile LOYER

Fontaine-en-Puisaye – 89130

Stelles initiatiques en grès

Etape au » carré-sculpture » des artistes internationaux

Lelizaveta PORTNOVA

Artiste ukrainienne exilée en France

Ashima MURAKAMI

Japonaise installée à Nîmes

Rejean PEYTAVIN

Paris

 

 

Reprenons l’allée centrale

Andrii KYRYCHENKO

Artiste ukrainien en exil en France

 

Xavier BIENVENIDO MESTRE

Barcelone

Grès poli au sulfate de cuivre

Chris GULLON

Marzens – 81500

Terre locale émaillée

Barbara DAEFFLER

Langueux – 22360

Dans la rue transversale

Zachary ALBERTS

Atelier Peakstone (Gard)

Loïc GAIGNARD

La Rochebeaucourt – 24340

Sigilée cuisson bois

Dans le haut du village

Tristan CHAMBAUD-HERAUD

Abjat-sur-Bandiat – 24300

Grès et Porcelaine, cuisson anagama
Porcelaine, cuisson anagama

Et sur la place

Marjolaine BOSH

Nantes

Porcelaine et anse en fer forgé

Pause-café place de la Mairie avant le départ

Un marché particulièrement réussi.

Bravo aux sélectionneurs de l’association Terre-et-terres

Félicitations aux exposants qui semblent s’être surpassés.

Autour d’artistes connus dans le monde entier sont rassemblés des céramistes d’art de grand talent et des potiers de terrain. On s’extasie volontiers sur les oeuvres des grandes figures de l’art contemporain. Mais on est aussi ravi de discuter avec les « gens du métier ». Il nous font partager leur passion et nous laissent entrevoir à mot-couvert leurs petits secrets de fabrication .