La Poterie NOT

La poterie NOT est installée au Mas-Saintes-Puelles, au bord du canal-du-midi, près de Castelnaudary.

Le canal du Midi au Mas-Saintes-Puelles
La Poterie Not en face du canal

Des débuts à nos jours

C’est une poterie dont l’activité débute au XIXème siècle. Celle-ci se  perpétue de père en fils. Aujourd’hui c’est Jean-Pierre Not et son fils Romain qui nous reçoivent. Très aimables, ils nous font visiter leurs ateliers tout en commentant leur travail.

Jean-Pierre Not
Romain, son fils

Préparation de l’argile

Ils extraient l’argile dans la carrière attenante à la poterie puis la laissent sécher à l’air pendant l’été. Son broyage permet d’en récolter une poudre fine mélangée ensuite à du sable réfractaire de Revel, broyé lui-aussi. Cela donne une pâte qui contient de minuscules petits points brillants. Ce mélange est le secret pour obtenir une poterie apte à faire cuire le fameux cassoulet de Castelnaudary. Au fil des ans et des générations, ils sont devenus les principaux fournisseurs  en plats en céramique des producteurs de gastronomie locale.

Argile séchée
Argile broyée

Visite de l’atelier

La galerie

On entre dans l’atelier par la galerie d’exposition. On y voit leur production émaillée en brun, jaune, vert ou ivoire. Ce sont des articles utilitaires destinés à la cuisine, à la conservation des aliments, à la cuisson lente. Ainsi, la cuisson du poulet « à la diable » se fait dans un plat original, une sorte de petite amphore coupée en deux dans le sens de la longueur. De plus grosses pièces sont présentées et stockées dans la cour.

Entrée de la Galerie
Pots, pichets, plats exposés à la vente
Pot-diable pour cuisson lente du poulet
Grands pots dans la cour

L’atelier de tournage

Dans l’atelier de tournage travaillent trois personnes en même temps sur les anciens tours-à pied équipés désormais d’une alimentation électrique. Ils tournent tous comme le faisaient les anciens, se tenant sur le côté. Ceci permet de voir la pièce se former tout en calant le coude gauche contre la hanche. C’est plus confortable, plus efficace, moins fatigant que d’être face à la pièce.

Tournage d’un pot-diable
Motorisation des tours entraînés par des courroies

Le séchage

Ils placent chaque poterie terminée sur un banc à roulette qu’ils acheminent dans une grande salle de séchage située au-dessus.

Salle de séchage à l’étage
Plats en cours de séchage
Plats recouverts de toile en cours de séchage
Pots secs avant émaillage

L’émaillage et la cuisson

Après le séchage vient l’émaillage dont l’atelier ne se visite pas, probablement en raison des risques pour la santé. Enfin vient la cuisson qui se fait aux environs de 1000°C dans les grands fours situés à l’entrée près de la galerie d’exposition.

Les fours pour la cuisson
La cuisson des pots

Fin de la visite

Très heureux de cette visite guidée, nous achetons un pot et souhaitons un bel avenir à cette famille unie et surtout au fils de Romain, bébé d’un mois, dernier né de la famille NOT.

Etape suivante:  Castelnaudary pour y déjeuner

Adresse: 1851, route de Labastide d’Anjou-11400 Mas-Saintes-Puelles

Tél. 04 68 23 17 01

E-mail: poterienot@orange.fr

Site: wwww.poterienot.fr

 

 

 

Quelle argile utiliser pour un plat allant au four?

On parle ici d’une argile culinaire pour créer des plats que tu peux mettre dans le four de la cuisine.

Si tu exposes aux chocs thermiques une poterie faite de grès classique, tu cours le risque qu’elle se brise. Imagine, tu sors ton plat du four et il se répand sur la table…

Il faut donc une argile qui résiste aux chocs thermiques et en particulier aux températures allant de celle du réfrigérateur à celles du four, c’est-à-dire un écart de plus de 200°.

GSA CL

On n’a pas trop le choix: SOLARGIL commercialise le GSACl c’est-à-dire le Grès de St Amand culinaire au prix de 16,08€ le pain de 10Kg. C’est une argile conçue et préparée pour confectionner des plats allant au four. Elle est composée de Grès de Saint-Amand enrichi avec des argiles réfractaires et de 15 % de chamotte de cordiérite 0-0,3 mm.

Composition: SiO₂ : 73.11 %; Al₂O₃ : 21.78 %; TiO2 0.90; CaO 0.23%,  MgO : 0.19 %; Na2O 0.34%; K2O 1.96

La cordiérite :

Appartient au groupe des silicates. Il n’y a aucun gisement naturel connu.

Coefficient de dilatation thermique : très faible

Réfractarité : supérieure à 1500 °C

Composition: SiO₂ : 45 – 50 %; Al₂O₃ : 30 – 35 %; MgO : 12 – 15 %; Fe₂O₃ : < 1 %

Formule chimique: Al3Mg2AlSi5O18

Sa fabrication correspondrait théoriquement à 39,6% de talc, 47% de kaolin et 13,4% d’alumine

Tu peux te procurer un sac de poudre chez Solargil au prix de 7,56€ le kg (granulométrie 0-0,125mm)

C’est la matière première indispensable pour la production de céramiques réfractaires hautes performances. Un ajout de 20 à 30% de silicate de zirconium augmente la plage de cuisson. Elle se présente en poudre ou en granulats déjà porté à haute température

Inconvénient: coefficient de dilatation thermique faible de 58×10-7(300-500) ce qui la rend plus difficile à émailler. Il faut appliquer un émail dont le CDT est plus faible ( voir l’article sur le CDT)

La chamotte

Avec la cordiérite, c’est le deuxième élément indispensable. C’est de l’argile cuite et broyée avec une granulométrie allant de 0,2 à 1,2mm. Elle est mélangée à la pâte. Les micro-poches d’air créées par les grains facilitent les modifications d’expansion de la terre.

Dans le GSA CL, il y a 15% de chamotte de cordiérite 0-0,3mm.

Pour en savoir plus, je te recommande l’article de Sarah du blog-du-bol

GM 76

C’est un grès réfractaire spécialement conçu pour un usage culinaire à flamme directe, contenant 30 % de chamotte 0-1 mm.

Tu le trouves chez Solargil au prix de 24,36€/kg 

Recommandé pour la préparation de pots ou de plats pour la cuisson directe (tajines, cocottes…)

Utilisable au four, sur plaque vitrocéramique et au micro-onde.

 

 

 

 

 

Faire un émail gris

Comment créer un émail gris ?

On parle ici d’un émail sur grès avec cuisson en oxydation au four électrique à haute température.

50 nuances de gris

Ce titre, c’est pour paraphraser la saga cinématographique de Sam Taylor-Johnson parue en 2015.  Il y a effectivement environ 50 nuances de gris achromatiques par assemblage de blanc et de noir. De plus, on compte environ 150 gris chromatiques dont la couleur peut couvrir toute la gamme du spectre. Il y a aussi toutes les variantes de « rendu » propre aux émaux: mat / brillant, transparent / opaque, perlé/granité, chaud/froid,…mais comme tu le sais, créer un émail qui te plaise vraiment c’est chercher la perle rare. On espère toujours et on recommence encore et encore.

En pratique, il faut tout-de-même que tu aies une petite idée de l’émail qui te plaît, mais les goûts et les couleurs…

Rechercher une recette qui me plaise

Consulte Glazy.org et entre les critères suivants:

Tu obtiens une trentaine de réponses.

Tu peux changer les paramètres et obtenir d’autres recettes.

Voici les 3 recettes retenues:

N°1/ RMC de Ronald Boersen  174695 (2021)

N°2/ R71 de Clara Giorello 110035 (2020)

N°3/ Grey-G2934Y de NBSA 763615 (2025)

Quels oxydes composent ces recettes?

Dans les 3 recettes ci-dessus on a les oxydes suivants:

Rutile, Di-oxyde de Manganèse, Carbonate de Cobalt, Oxyde de Titane, Oxyde de Cobalt, Oxyde de Nickel, Silicate de Zirconium, et stain (colorant de masse non spécifié) pour la recette N°3 qu’on va ignorer car inconnu.

De plus, ce sont des recettes étrangères dont il faut modifier les composants de base pour trouver les équivalents disponibles en France.

En théorie, quels oxydes donnent du gris?

Une recherche par ChatGPT me donne les choix suivants:

  • Oxyde de fer (Fe₂O₃ / FeO) — base classique pour gris à gris-brun ; selon quantité, température et atmosphère il sombre ou devient brun. (utile comme « fond »). DigitalFire+1
  • Oxyde de manganèse (MnO₂) — assombrit (vers brun/noir) et tend à donner des nuances chaudes ; utile en petites quantités pour enrichir un gris. The Ceramic School+1
  • Rutile / TiO₂ (rutile) — donne des effets mouchetés, marbrés, « perlé/mottled » ; provoque des stries et « pearlings » quand on le combine à certains fondants. Très utilisé pour obtenir un gris perlé irisé/variegated. Ceramic Resource+1
  • Cobalt (très faible dose) — même toute petite quantité (<<1%) peut tirer vers le bleu/gris froid ; combiné au fer/ manganèse il aide à stabiliser un gris froid. The Ceramic School
  • Chrome (Cr₂O₃) — peut produire gris/olive/vert selon proportion ; à doser prudemment (2% et moins généralement). Bonjour Céramique Paris
  • Zirconium ou oxyde d’étain (ZrO₂, SnO₂) — opacifiants : si vous voulez un gris perlé/opaque (et non transparent), on rajoute du zirconium ou du SnO₂. Ex. produits « gris perle » commerciaux contiennent Zr. Ceradel+1

On constate qu’il y a concordance entre les oxydes des 3 recettes et les oxydes cités par chatGPT

Adapter les 3 recettes avec mes composants

Pour chaque composant tu peux obtenir des informations dans Glazy.org en double-cliquant sur le composant. Par exemple : pour frita 174 dans la recette N°2 , l’équivalent est la Fritte 3134 que j’ai achetée chez Ceradel.

Tu peux aussi le chercher la composition dans digital fire.

Tu composes une fritte de composition proche par assemblage des frittes dont tu disposes. Par exemple: F3124 dans la recette N°1 RMC : j’ai pris 90% de F3195 et 10% de F3134 dont je disposais. Pour F3249 dans la recette N°3 G2934Y j’ai pris 80% de la fritte F3195 et 20% de F1254. J’essaie d’avoir au moins les concentrations les plus proches en Al2O3 et SiO2. Tu n’obtiens pas exactement la même composition mais tu obtiendras un émail de ta composition.

Après modifications, voici les 3 recettes:

J’entre les compositions dans Libpotoulz

N°1/ RMC modifié

Matières premières
Feldspath potassique ICE 10
Silice 400
Carbonate de calcium
Frit ferro 3134
EPK kaolin
Talc 2C
Frit ferro 3124
Rutile
Bi Oxyde de manganese
Carbonate de cobalt

4 tests effectués 

RMC recette modifié ci-dessus

RMC + Ox. Cuivre 0,5%

RMC + Carbonate de Manganèse 0,5%

RMC + Ox. Chrome 0,5%

N°2/ R71modifié

Matières premières
Feldspath potassique ICE 10
Silice 400
Carbonate de calcium
Kaolin A
Fritte 3134
Talc 2C

4 tests effectués selon la proposition de la recette:

Ox. Nickel 0,3% + Ox. Titane 8%+Ox. Cobalt 0,4%

Ox. Titane 8%

Rutile 6% + Di Ox. Manganèse 4% + Ox. Cobalt 0,4%

Ox. Titane 5% + Silicate de Zirconium 5%

N°3/ Grey-G2934Y modifié

Wollastonite 20,11
EPK kaolin 19,18
Talc 2C 13,10
Silice 400 12,16
Calcined kaolin 9,82
Néphéline syénite 9,82
Frit ferro 3195 7,48
Rutile 1,87
Frit1254 1,87
Zircopax 1,40
Bi Oxyde de manganese 2,81
Carbonate de cobalt 0,37

4 tests effectués :

G2934Y recette ci-dessus

G2934Y + Ox. Cuivre 0,5%

G2934Y + Ox. Manganèse 0,5%

G2934Y + Ox. Chrome 0,5%

Résultats :

Après cuisson au four électrique en oxydation à 1200°C

On n’obtient pas les résultats attendus!  Je m’y attendais.

N°1/ RMC modifié

En partant de la gauche vers la droite:

RMC recette modifié ci-dessus

RMC + Ox. Cuivre 0,5%

RMC + Carbonate de Manganèse 0,5%

RMC + Ox. Chrome 0,5%

Mon avis: tous les essais sont gris mais très brillants, un gris assez banal, avec une nuance de vert avec l’oxyde de chrome. Je n’en garde aucun

N°2/ R71modifié

Ox. Nickel 0,3% + Ox. Titane 8%+Ox. Cobalt 0,4%

Ox. Titane 8%

Rutile 6% + Di Ox. Manganèse 4% + Ox. Cobalt 0,4%

Ox. Titane 5% + Silicate de Zirconium 5%

Mon avis: aucun gris mais un émail raffiné, satiné, velouté, homogène, qui ne coule pas malgré son épaisseur. Je vais garder le 1 et le 4 qui donnent un joli bleu et un beau blanc nacré. Je vais tenter d’autres essais en modifiant les oxydes et espère en conserver la texture

N°3/ Grey-G2934Y modifié

G2934Y recette ci-dessus

G2934Y + Ox. Cuivre 0,5%

G2934Y + Ox. Manganèse 0,5%

G2934Y + Ox. Chrome 0,5%

Mon avis: émail semi-brillant de couleur gris-vert avec des trainées brunes  gris-foncé. La recette seule suffit, inutile d’y ajouter d’autres oxydes. Je vais garder le N°1